L’oeuvre Otehina, pour le rapprochement des peuples

Photo de Michel Scarpino
Par Michel Scarpino
L’oeuvre Otehina, pour le rapprochement des peuples
Inaugurant l’œuvre Otehina, on voit les artistes Jacques Newashish, Claude Des Rosiers, Cyndie Lemay, ainsi que la directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque, Laurianne Pétiquay. (Photo : Michel Scarpino)

Dimanche matin, l’œuvre collective Otehina (cœur) a été dévoilée aux participants du Défi 100 tours sans discrimination. L’oeuvre, exécutée à partir d’un tronc d’arbre, mettait en évidence trois types de matériaux.  L’artiste multidisciplinaire Jacques Newashish a sculpté le bois. Il a été au travail pendant toute une semaine sur le site du Centre Sakihikan, tout comme les deux autres artistes, Claude Des Rosiers et Cyndie Lemay.

«Alliant le tronc d’arbre pour l’ancestralité et l’enracinement des humains, la roche pour le temps et le travail nécessaire à l’harmonie et la transparence pour la sincérité et le respect, cette sculpture sera installée au lac Saint-Louis et symbolisera le rapprochement des peuples», indique le Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT).

Pour M. Newashish, la sculpture qui sera visible toute l’année durant, fera un rappel à cette grande fin de semaine.

Le rapprochement entre les peuples est un élément qu’a mis en évidence M. Newashish : «Ici (au centre Sakihikan) on le voit. Il y a beaucoup d’Atikamekw, de Latuquois, de gens qui viennent de l’extérieur. On se parle, c’est beau, c’est merveilleux», a-t-il remarqué.

Travailler le bois revêt une symbolique particulière, qu’il relie à l’enracinement d’un arbre. «Nous, on est enraciné depuis des milliers d’années, avec notre culture. Il y en a d’autres qui sont enracinés depuis 500 ans, d’autres sont arrivés un peu plus tard et d’autres arriveront demain. C’est un peu le symbole de l’arbre. On s’enracine quelque part».

Une œuvre qu’il a voulue contemporaine et inspirée de sa culture.  Au centre, explique-t-il, on retrouve le cœur de l’homme et à sa tête, l’univers.

Le sculpteur Claude Des Rosiers a eu pour mandat de réaliser les quatre différents visages dans de la pierre de différentes couleurs, qui sont au haut de l’œuvre.

«Ça représente les quatre points cardinaux, les quatre couleurs et quatre éléments, comme symboles des Premières nations. On incorpore cela pour montrer l’union entre les gens», signalait M. Des Rosiers, un artiste de Charette, sculpteur depuis une trentaine d’années.

«Le gros du travail des artistes se fait en improvisant», évoque Claude des Rosiers, a rencontré au moment où il préparait ses oeuvres. Ils ont pris toute une semaine pour la compléter.

Le sculpteur Claude Des Rosiers, au moment où il confectionnait son oeuvre.

Le troisième élément qui sera incorporé dans la sculpture : le cœur, une œuvre de l’artiste Cyndie Lemay. Ce coeur est niché dans le mât de la sculpture. L’œuvre est d’abord modelée avec une pâte d’argile, plusieurs couches d’époxy. Une fois dépourvu de sa pâte après de nombreuses journées de travail, le coeur, transparent, laisse passer la lumière.

«J’ai ajouté des fils de broderie rouges afin de faire les veines, pour vraiment fait ressortir le cœur», précise Mme Lemay.

Celle-ci résume bien l’œuvre qui sera visible sur le terrain du Centre Sakihikan : «Le cœur, on en a tous un. Étant donné que c’est une œuvre qui parle de communauté globale, de s’allier tous ensemble, il nous permet aussi d’être en relation, il nous permet tous de vivre».

Najat Boughaba

Najat Boughaba artiste marocaine, qui a participé au Défi 100 tours, a amené une lampe multicolore pour garnir le site, représentant  la culture de son pays d’origine. «Elle symbolise la lumière, les couleurs de notre belle société […] Ça fait une couche multiethnique à cette statue et ça rappelle qu’on est tous ensemble à chercher le vrai vivre ensemble et l’acceptation de la différence», a-t-elle indiqué à L’Écho.

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