2866 tours pour vaincre la discrimination

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Par Michel Scarpino
2866 tours pour vaincre la discrimination
(Photo : Centre d'amitié autochtone de La Tuque )

SOCIÉTÉ. La deuxième édition du Défi 100 tours pour vaincre la discrimination aura éclipsé la participation déjà très forte de 2019 à cet événement.

En tout, 2866 tours du lac Saint-Louis (2064 km) ont été comptabilisés, dimanche soir, au terme de cette grande fin de semaine de solidarité. On aurait dit que Mère Nature était de connivence pour favoriser une participation monstre, tellement il a fait beau toute la fin de semaine.

La directrice du Centre d’amitié autochtone, Laurianne Pétiquay et la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif

Jeunes, moins jeunes, autochtones, non-autochtones, les marcheurs ont été nombreux à faire le tour du lac Saint-Louis, à leur rythme, vendredi, samedi et dimanche.

Plusieurs participations individuelles ont été enregistrées, mais également des performances collectives dont celles de La Tuque High School, (212 tours), deux installations du CPE Premier Pas (119 tours au total), l’école secondaire Champagnat (96 tours).

Les élèves se mobilisent, au moment où la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale porte le thème «Les jeunes se lèvent contre le racisme».

«Joyce Echaquan a été victime d’un racisme ordinaire et dangereux. Si ce racisme trouve encore sa place, c’est parce qu’on ne s’y oppose pas assez. Agissons sans relâche», a mentionné Laurianne Petiquay, directrice générale du CAALT.

Le rapprochement des peuples, une cause plus importante que jamais

Pour Laurianne Pétiquay, la cause du rapprochement des peuples est plus importante que jamais.

Le fait de voir des autochtones et des non autochtones marcher ensemble la réjouit au plus haut point : «On sent que les gens sont solidaires à la cause pour l’élimination de la discrimination raciale. On voit beaucoup d’enfants, des familles, des papas, des mamans, des aînés. C’est important pour plein de gens».

Originaire de Wemotaci, elle réside à La Tuque depuis 10 ans. «Je suis impliquée dans le regroupement des Centres d’amitié, je peux voir ce qui se passe à travers le Québec, je trouve qu’à La Tuque, il y a des gens très ouverts. Il y a des partenaires qui sont très ouverts à collaborer […] De plus en plus, je trouve qu’on donne la place aux Premières nations», fait-elle ressortir.

Par contre, des jeunes qui se sont exprimés dans des vidéos présentées sur les réseaux sociaux ont exprimé avoir entendu des propos racistes. Aussi, la question du logement n’est pas réglée : «On est témoin, quotidiennement, des problématiques. Quand tu es autochtone et que tu te cherches un logement ici, en ville, c’est très difficile. Les préjugés, ça existe encore, la discrimination, ça existe. Mais je crois que tous ensemble, on est capable de faire les choses différemment. Cette initiative-là vient le prouver, parce qu’il n’y a personne qui est capable de faire 500 km à pied en quatre heures. Mais une société peut faire de grands défis ensemble».

Le mieux-vivre ensemble, ça s’apprend tôt. Des écoles et CPE ont tenu à aller marcher. «Si on les sensibilise très jeunes, c’est comme ça qu’on enraie la discrimination raciale», pense Mme Pétiquay.

L’an dernier, la COVID-19 avait empêché la tenue de l’événement. Un an plus tôt, 500 tours avaient été effectués, battant l’objectif de 100 tours qui avait été établi.

Pas question de le reporter en 2021. Les plages pour marcher sont plus étendues, on donne du désinfectant aux participants. Mais ce qu’observe Laurianne Pétiquay, c’est que la COVID-19 a donné de l’énergie à l’événement. «C’est à cause de la pandémie que les gens se sentent très solidaires, avec ce qui s’est passé aussi dernièrement», conclut-elle.

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