Le volleyball comme point de rencontre

Pour une troisième année, de jeunes volleyeuses de La Tuque ont troqué une partie de leurs vacances contre une semaine intensive d’entraînement. Derrière les exercices techniques, les services et les attaques se dessine surtout une communauté où anciennes joueuses, entraîneuses et athlètes en développement transmettent leur expérience.

Ingrid Lessard et Lénnie Boudreault ont créé ce camp de perfectionnement afin d’offrir une formation spécialisée près de chez elles. Leur objectif était notamment d’éviter aux familles les déplacements et les frais associés aux camps organisés à l’extérieur de la région.

«C’était notre moyen de redonner à notre communauté», explique Ingrid Lessard. Les deux organisatrices ont elles-mêmes profité, durant leur parcours, de l’engagement d’entraîneurs qui leur ont transmis leur passion et les ont aidées à progresser, tant sur le terrain que dans leur cheminement scolaire.

Le camp propose environ 35 heures d’activités réparties sur une semaine. Il ne s’agit pas d’une initiation : les participantes, âgées d’environ 14 à 17 ans, doivent déjà posséder une base et évoluer dans le réseau scolaire. Cette année, 22 joueuses ont pris part aux entraînements, les places étant généralement comblées rapidement.

Au fil des éditions, un véritable réseau latuquois s’est greffé au projet. D’anciennes joueuses reviennent prêter main-forte, tandis que des athlètes des niveaux collégial et universitaire proposent de nouveaux exercices et partagent leur expérience.

Pour Ingrid Lessard, cette mobilisation témoigne de l’attachement créé autour du camp. «Toutes les filles ont le goût de revenir, de redonner aux filles, aux jeunes, ce qui est dans notre communauté.»

Lily-Rose Gingras, recrutée par les Titans de Limoilou, illustre cette volonté de transmission. Après avoir participé à la première édition, elle est revenue cette année pour conseiller les plus jeunes. «C’est vraiment le fun. Tout le monde s’encourage», observe-t-elle. Elle remarque également que les liens et l’entraide se développent progressivement pendant la semaine.

Des professionnelles se joignent également à l’équipe afin d’aborder des dimensions complémentaires au jeu. La kinésiologue Marie-Ève Proteau assure la préparation physique des athlètes et leur remet un plan d’entraînement qu’elles peuvent poursuivre à la maison. Allyson English, physiothérapeute chez GP Santé et ancienne joueuse universitaire, les sensibilise pour sa part aux blessures sportives liées au volleyball et leur présente une routine d’échauffement préventive. Ces interventions s’ajoutent au travail technique effectué sur les terrains intérieur et extérieur.

La préparation psychologique a aussi occupé une place plus importante cette année. Les joueuses ont été amenées à réfléchir à leur réaction lorsque le jeu se déroule moins bien, à leurs intentions sur le terrain et à la manière de replacer l’équipe au centre de leurs décisions.

Présente depuis la première année, Maélie Langlais retient elle aussi l’aspect humain de l’expérience. « Mon but, c’était de m’amuser », raconte-t-elle. Au-delà du perfectionnement, elle souhaitait surtout « créer des amitiés » avec des filles qu’elle ne connaissait pas avant le camp.

Les groupes sont volontairement mélangés afin que les participantes changent de partenaires et apprennent les unes des autres. «Tu ne peux pas commencer à te comparer. Il faut aller chercher ce qu’un autre peut t’amener», résume Ingrid Lessard. Une philosophie qui permet au volleyball latuquois de grandir bien au-delà du terrain.