Le Tournoi des Nations remet les patins
Six ans après avoir rangé les bâtons, le Tournoi des Nations s’apprête à reprendre possession de l’aréna de La Tuque. Du 1er au 4 octobre, des équipes des Premières Nations sont invitées à renouer avec un événement qui avait tiré sa révérence en février 2020, quelques semaines avant le début de la pandémie.
Pour sa 16e édition, Christian Flamand ne souhaite toutefois pas simplement reprendre la formule là où elle avait été laissée. Le tournoi reviendra avec une vocation familiale et une volonté affirmée de rapprocher les communautés.
« Ça nous fait du bien de revenir ensemble. Surtout de revoir les gens, les sourires, la bonne humeur », résume l’organisateur. Pour lui, la force du Tournoi des Nations a toujours résidé autant dans les rencontres autour de la glace que dans celles qui s’y déroulent.
Cette fois, les équipes devront davantage refléter leur communauté d’origine. Alors que les règlements permettaient autrefois de recruter des joueurs provenant d’autres communautés pour renforcer une formation, l’organisation souhaite maintenant privilégier des équipes composées de membres d’une même communauté.
« On veut vraiment que les gens soient ensemble, qu’ils se regroupent, qu’ils représentent leur propre communauté », explique M. Flamand. Il espère ainsi ramener au premier plan « l’esprit communautaire » dans un environnement sportif devenu, selon lui, parfois trop compétitif.
Toutes les nations sont invitées à prendre part à l’événement. Plusieurs catégories doivent être offertes, allant des classes compétitives B et C à une catégorie de participation. Des formations novices, bantam et midget ainsi que des vétérans devraient également fouler la glace, tandis que du ballon-balai est prévu pour les jeunes filles. L’horaire pourrait s’étirer jusqu’à 23 h chaque soir afin d’accommoder les nombreuses parties prévues.
Le retour du tournoi s’inscrit aussi dans une démarche de réconciliation. Il suivra immédiatement la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre. L’Expédition des Premières Nations, avec laquelle Christian Flamand est également impliqué, parrainera l’événement notamment par son plan de communication et de visibilité, bien que les deux initiatives demeurent distinctes.
Une autre valeur défendue depuis les premières éditions demeurera intacte : le Tournoi des Nations restera un événement sans alcool. Par le passé, des intervenants en prévention étaient invités à tenir des kiosques à l’aréna et toute personne se présentant en état d’ébriété pouvait être expulsée.
« C’est prohibition totale », rappelle M. Flamand. La prévention et la guérison feront encore partie de la mission de l’événement cette année.
L’expérience doit d’ailleurs dépasser le hockey. Des organismes œuvrant notamment en prévention et en thérapie seront invités à aménager des kiosques, tout comme certains partenaires et entreprises locales. Christian Flamand décrit l’idée comme une sorte de « grand salon plein air » autour de l’aréna. La population de La Tuque est également conviée à assister aux rencontres et à venir fraterniser avec les participants.
Pour remettre la machine en marche, l’organisateur peut compter sur plusieurs visages familiers. L’équipe qui l’accompagnait avant l’arrêt de 2020 a accepté de reprendre du service, toujours bénévolement.
Après six ans d’absence, Christian Flamand espère surtout retrouver ce qui faisait, à ses yeux, la particularité du tournoi de La Tuque : réunir tout le monde sous un même toit.
« Voir les gens mettre de côté leurs différends et venir vraiment s’amuser ensemble. Surtout fraterniser. »
