À 14 ans, Éloi Caisse transmet déjà sa passion de la pêche
LA TUQUE. À 14 ans, Éloi Caisse n’a pas seulement développé une passion pour la pêche. Le jeune Latuquois souhaite maintenant la transmettre à d’autres jeunes de sa communauté. Une démarche qui a pris forme après sa participation aux Jeux provinciaux de pêche, en juin dernier.
Du 26 au 28 juin, Éloi représentait la Haute-Mauricie aux Jeux provinciaux de pêche, qui se tenaient sur le lac Massawippi, en Estrie. Pour le jeune pêcheur, il s’agissait d’une première participation à l’événement, mais également d’un premier tournoi de pêche.
« Honnêtement, j’étais assez nerveux. Il y avait 70 autres pêcheurs avec la même passion que moi, le même niveau. C’était assez stressant », raconte-t-il.
La compétition s’est déroulée sur deux journées. Lors de la première, Éloi et son partenaire étaient accompagnés d’un conducteur de bateau. La deuxième journée était supervisée par un capitaine et un « shérif », chargé notamment de comptabiliser les points et de s’assurer du respect des règlements.
Au terme de l’événement, Éloi et son partenaire ont obtenu une cinquième place sur 35 équipes.
« C’était une expérience stressante, mais c’était vraiment agréable. Très, très, très agréable », souligne le jeune Latuquois.
Une passion née à La Tuque
La pêche ne faisait pourtant pas partie des grandes traditions de la famille d’Éloi. Ses parents sont originaires de Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal, et il n’avait pratiquement jamais pêché avant son arrivée à La Tuque en 2021.
Il avait alors 10 ans.
C’est un ami de sa mère qui lui a fait découvrir les rudiments de la pêche, notamment comment lancer sa ligne et prendre ses premières perchaudes.
« J’ai tout de suite mordu à l’hameçon », lance-t-il avec humour.
Depuis, Éloi a multiplié les recherches et les sorties de pêche afin de développer ses connaissances et ses habiletés. Cette passion lui a également permis de mieux comprendre l’importance de protéger les milieux naturels.
C’est justement cette volonté de partager ses connaissances qui l’a amené à développer un projet destiné aux jeunes du Centre d’amitié Autochtone de La Tuque.
Donner le goût de pêcher
Sa mère travaillant au Centre, l’idée est venue naturellement. Éloi souhaitait offrir aux jeunes du camp de jour des activités liées à la pêche et à la nature.
« Il manquait vraiment d’activités culturelles au niveau de la pêche. On s’est dit que ça pourrait être moi qui mette en place ce programme-là », explique-t-il.
L’Association des pourvoiries de la Mauricie, qui avait auparavant soutenu financièrement sa participation aux Jeux provinciaux, a décidé de poursuivre son appui. Elle lui a notamment remis 15 cannes à pêche, des affiches éducatives et un guide d’activités.
Éloi a ainsi préparé des ateliers portant sur différentes espèces de poissons d’eau douce du Québec, la protection des milieux aquatiques et les milieux humides. Les jeunes ont aussi appris à faire un nœud de pêche et à lancer une ligne.
Les apprentissages se sont ensuite poursuivis sur le terrain, au lac Saint-Louis, où les participants ont pu pratiquer leurs nouvelles connaissances sous la supervision du jeune pêcheur.
« Les jeunes aimaient vraiment ça. Ils nous ont dit que ça avait été une très belle expérience », raconte Éloi.
Le 5 août, les participants ayant complété les ateliers ont reçu leur propre canne à pêche, un certificat de participation ainsi que différents articles offerts grâce à la contribution de l’Association.
Pour Valerie Fortin, directrice de l’Association des pourvoiries de la Mauricie, Éloi représente bien l’importance de soutenir la relève.
« Encourager la relève, c’est bien plus que faire découvrir une activité. C’est donner à un jeune l’occasion de développer ses compétences, de prendre confiance en lui et, à son tour, de devenir un modèle pour d’autres jeunes », souligne-t-elle.
Un avenir près de la nature
Cette expérience pourrait également influencer le parcours professionnel d’Éloi. Le jeune souhaite éventuellement devenir guide de pêche, notamment pour partager sa passion et ses connaissances.
Il envisage aussi sérieusement une carrière en biologie et aimerait poursuivre ses études à Rimouski.
Une chose est certaine: la pêche occupe désormais une place importante dans sa vie.
Arrivé à La Tuque à l’âge de 10 ans sans véritable tradition familiale de pêche, Éloi a découvert une passion grâce au territoire qui l’entoure.
