2018 a été une année record pour la chasse à l’ours noir

2018 a été une année record pour la chasse à l’ours noir

Mario Boulianne

Crédit photo : Michel Scarpino

CHASSE. «C’est tout un feeling. C’est tout juste si je ne le flatte pas quand il passe à côté de moi», raconte Mario Boulianne, un chasseur d’ours depuis 33 ans.

Le Latuquois en connait pas mal sur cet animal dont la population est en nette croissance au Québec. Dans un bilan préliminaire publié en décembre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) révélait que  6513 ours ont été récoltés durant la saison 2018, soit une hausse de 28% par rapport à la récolte moyenne des cinq dernières années.  Sur le total des prises, 5716 ours ont été récoltés par la chasse et 797 l’ont été par le piégeage.

Actuellement, un chasseur peut récolter deux ours par année mais un seul par saison. Celles-ci sont permises au printemps (15 mai au 30 juin) et à l’automne. La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FQCP), qui estime la population d’ours noirs à environ 250 000 (le MFFP l’évaluait à environ 70 000 en 2005), voudrait que le ministère autorise les chasseurs à pouvoir les abattre durant la même saison.

Mario Boulianne, qui a été consulté sur le sujet par la FQCP, est bien d’accord avec la proposition.  «La chasse à l’automne est peu populaire. Ici dans la région, elle est autorisée dans une seule zone, près de Parent. Comme l’ours est un animal nocturne comme le chevreuil, il n’y a pas grand monde qui va faire deux heures de route pour aller là-bas»

33 ours en 33 ans

Avec 18 277 permis vendus au Québec en 2018, le nombre de chasseurs est en hausse et leur succès de chasse atteint les 31% indique le MFFP dans son bilan préliminaire. Dans le cas de Mario Boulianne, il présente une fiche parfaite: 33 ours et 33 ans. Son record est un ours de 450 livres abattu en 2009. Une bête naturalisée qui a été vendue ces dernières semaines à la Ville de La Tuque qui l’exposera au Parc des chutes de la Petite Rivière Bostonnais à compter du printemps prochain.

Le Latuquois est bien placé pour constater que l’ours devient une proie de plus en plus populaire auprès des chasseurs. «Contrairement aux orignaux, les pourvoyeurs peuvent presque garantir un taux de succès de 100% à leur clientèle», explique celui qui sert lui-même de guide. «Un forfait de chasse à l’ours peut se vendre à plus de 1000$ dans les pourvoiries de la région. C’est devenu très payant.»

Quand il a débuté à la fin des années 1980, Mario Boulianne s’installait dans une cache mais il a rapidement décidé de traquer ses ours directement au sol. «C’est comme n’importe quel sport, tu veux aller chercher du challenge. Aujourd’hui, je le tire quand il est à environ 15 ou 20 pieds de distance. L’ours passe juste à côté de moi pour aller vers mon site d’appâts. C’est tout un feeling», indique celui qui alterne entre l’arbalète, la poudre noire ou la carabine pour abattre ses victimes.

Même si le ministère n’émet aucune restriction quant au sexe, Mario Boulianne ne chasse que les mâles. «Récolter un ours pour récolter un ours, ça ne m’intéresse pas. C’est trop facile. Moi, je ne vise que le haut de gamme», termine celui qui est encore hanté par le souvenir d’un monstre de 550 livres qu’il avait raté il y a quelques années.

Le MFFP poursuit son étude

Le Ministère demeure vigilant et continue de suivre attentivement la récolte d’ours noirs au Québec ainsi que l’état de leurs populations. Par ailleurs, les travaux visant à étudier la dynamique de la population de l’ours noir se poursuivront cet hiver dans les régions administratives de la Mauricie, de l’Outaouais et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La collaboration des chasseurs et des piégeurs est nécessaire pour favoriser une gestion efficace de l’espèce. Ceux-ci sont invités à fournir les deux prémolaires supérieures au moment de l’enregistrement de l’animal. L’analyse des dents de l’ours noir permet d’obtenir des informations très utiles pour le suivi des populations, notamment sur la structure d’âge de celles-ci et sur sa productivité. De plus, les chasseurs sont invités à déclarer la zone dans laquelle ils prévoient chasser dès l’achat de leur permis de chasse.

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