Un coup de chaleur, même en mai, a contribué au décès d’un travailleur, dit la CNESST

Un coup de chaleur, même au mois de mai, a contribué au décès d’un travailleur de la construction, conclut la CNESST dans un rapport qui vient d’être dévoilé.

L’homme, qui travaillait comme couvreur, est décédé le 14 mai dernier, à Boucherville. Il travaillait à la réfection du toit d’une maison.

Cette journée-là, il avait fait jusqu’à 27 degrés. Avec le facteur Humidex, le ressenti était de 30 degrés au moment de l’accident, indique la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Le travailleur avait ressenti un malaise, de la faiblesse, de la confusion. Il s’était assis sur le toit de la maison. Après quelques minutes de repos, il s’était relevé, mais avait perdu l’équilibre et avait chuté du toit, soit d’une hauteur de 5,15 mètres, précise la CNESST.

Pourtant, les travailleurs avaient pris une pause à l’ombre d’un arbre, puis une pause pour le lunch, s’étaient hydratés et avaient mangé des sucettes glacées.

Malgré cela, la gestion de l’intensité du travail à faire, dans un contexte de nécessaire acclimatation à la température, a posé problème. La CNESST explique qu’«un travailleur acclimaté, par définition, en est un qui a été exposé aux conditions de travail en lien avec la chaleur pendant au moins deux heures par jour en continu, pendant cinq des sept derniers jours, et ce, dans les mêmes conditions».

Or, il s’agissait seulement du deuxième chantier de l’année auquel ces travailleurs étaient affectés, ce printemps-là.

Comme autre cause du décès, les inspecteurs notent également une absence de planification et de contrôle des mesures de protection contre les chutes. Le travailleur portait bien un harnais, mais celui-ci n’était pas ancré à une liaison anti-chutes.

La Commission souligne que la hauteur de la maison, jumelée au degré de pente du toit, faisaient qu’un système de protection contre les chutes était requis.

Pourtant, la veille et l’avant-veille, lorsqu’ils travaillaient à un autre chantier de toiture, les travailleurs s’étaient assurés de se protéger contre les chutes, note-t-on dans le rapport. Mais ça n’avait pas été le cas pour cette maison de Boucherville.

«Il appert donc que l’employeur détermine aléatoirement et sans critères définis son besoin de respecter la réglementation lors de travaux en hauteur», constate-t-on dans le rapport.

«Il est possible de déduire que la situation de contrainte thermique chez le travailleur et son absence d’acclimatation puissent expliquer entre autres sa perte d’équilibre ayant mené à sa chute du toit», concluent les inspecteurs.