Le commissaire à la protection de la vie privée enquête sur les hypertrucages de X
OTTAWA — Le commissaire fédéral à la protection de la vie privée enquêtera sur la prolifération des hypertrucages à caractère sexuel créés par Grok et partagés sur X.
«L’utilisation sans consentement de renseignements personnels pour créer des hypertrucages, dont des images intimes, est un phénomène croissant qui pose de graves risques pour le droit fondamental à la vie privée des individus», a déclaré Philippe Dufresne dans un communiqué de presse jeudi.
M. Dufresne a élargi une enquête en cours visant à déterminer si X respecte la loi sur l’utilisation des renseignements personnels des Canadiens pour l’entraînement de l’IA. Il a également lancé une enquête connexe sur xAI, la société d’Elon Musk derrière Grok.
Son bureau indique que les enquêtes viseront à déterminer si ces entreprises respectent la loi fédérale sur la protection de la vie privée dans le secteur privé.
Elles examineront si xAI et X ont obtenu un «consentement valide» pour collecter, utiliser et divulguer des informations personnelles afin de créer des hypertrucages, y compris du contenu explicite.
Le bureau du commissaire à la protection de la vie privée a déclaré avoir informé les entreprises de l’enquête mercredi. Mercredi également, xAI a annoncé que Grok ne serait plus en mesure de modifier des photos pour représenter des personnes réelles dans des tenues révélatrices dans les endroits où cela est illégal.
L’entreprise affirme qu’elle bloquera désormais géographiquement les contenus qui enfreignent les lois d’un pays particulier.
«Nous avons mis en place des mesures technologiques pour empêcher le compte Grok de permettre la modification d’images de personnes réelles vêtues de tenues révélatrices, telles que des bikinis, des sous-vêtements et d’autres vêtements révélateurs», a-t-elle déclaré.
Le communiqué du bureau du commissaire à la protection de la vie privée indique que le commissaire «a pris note de la mise à jour ultérieure de l’entreprise, dans laquelle elle fait part de son intention de régler cette question. Le Commissariat en tiendra compte dans le cadre de son enquête».
Au Canada, le gouvernement libéral a présenté un projet de loi qui, s’il est adopté, criminaliserait les hypertrucages intimes non consensuels. Mais des experts ont averti que la définition du terme «hypertrucage» dans le projet de loi ne couvrirait pas la plupart des images qui ont proliféré sur X.
Cette vague d’images a suscité une réaction mondiale. La Malaisie et l’Indonésie ont bloqué l’accès à Grok, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont ouvert des enquêtes sur d’éventuelles violations des lois sur la sécurité en ligne, et la France et l’Inde ont émis des avertissements. La Californie a également annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête.
Le ministre canadien de l’IA, Evan Solomon, a déclaré cette fin de semaine que le Canada ne bloquerait pas X, mais il n’a fourni aucune information supplémentaire sur la manière dont le gouvernement réagirait.
Le gouvernement fédéral n’a pas non plus répondu aux questions visant à savoir s’il prévoyait de cesser de publier sur X.
— Avec des informations de l’Associated Press
