Entretien ménager d’édifices publics: augmentations de salaire connues jusqu’en 2030

MONTRÉAL — Environ 16 000 travailleurs dans l’entretien ménager d’édifices publics de la région de Montréal, syndiqués et non syndiqués, voient leur salaire augmenter à 23,25 $ ou 23,90 $ à compter de ce mercredi.

Cette augmentation de salaire, ainsi que celles qui suivront jusqu’en 2030, découlent du Décret de convention collective touchant le personnel d’entretien d’édifices publics de la région de Montréal, dont les paramètres viennent d’être publiés dans la Gazette officielle.

En plus de l’augmentation de 6,75 % plus 0,25 $ l’heure le 4 mars, d’autres augmentations de salaire sont prévues, soit 2,5 % le 1er novembre cette année, 2,5 % le 1er novembre 2027, 2,75 % le 1er novembre 2028, 2,75 % le 1er novembre 2029 et 3,25 % le 1er novembre 2030.

Le décret renouvelé prévoit également des améliorations aux primes, au régime de retraite et aux vacances et aux congés.

Un décret de convention collective couvre les travailleurs d’une industrie donnée, d’une région donnée, qu’ils soient syndiqués ou non. Il permet de donner des conditions de travail minimales à ces travailleurs et éviter que la concurrence entre les sous-traitants pour obtenir un contrat se fasse aux dépens des salaires.

Un décret est géré par un comité paritaire employeurs-employés. Dans ce cas-ci, il a été négocié par l’Union des employé(e)s de service (UES-800) affiliée à la FTQ, qui représente 6000 de ces travailleurs, et le regroupement d’employeurs spécialisés en entretien ménager appelé AESEQ.

Il existe 15 décrets de convention collective au Québec, qui couvrent aussi des industries comme les agences de sécurité et la signalisation routière, visant 90 000 travailleurs.

La Loi sur les décrets de convention collective est toutefois dénoncée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui rapporte que plusieurs petits employeurs s’en plaignent. La FCEI y voit trop de bureaucratie et soutient que c’est un modèle archaïque, qui nuit à la concurrence et à la souplesse.

En novembre dernier, alors qu’une rumeur circulait concernant l’abolition de la Loi sur les décrets de convention collective, le ministre du Travail, Jean Boulet, avait affirmé qu’«aucune abolition de la loi n’est prévue pour le moment».

Pourtant, en mai, il avait soutenu qu’«il y a une option d’éliminer la Loi sur les décrets de convention collective», mais que si cette option était retenue, il faudrait trouver moyen de protéger les régimes de retraite et les assurances collectives des travailleurs concernés.

Le 11 février dernier, alors qu’il s’adressait à des membres de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, le ministre a indiqué qu’il planchait sur un projet de loi omnibus qui abordera différents aspects, touchant notamment les décrets et l’industrie de la construction.

Les craintes demeurent chez bien des travailleurs concernés. Une pétition est ouverte sur le site de l’Assemblée nationale, réclamant le maintien du cadre législatif sur les décrets de convention collective. Elle comptait près de 2400 noms, en début d’après-midi mercredi.