De nouveaux droits de douane américains entrent en vigueur
WASHINGTON — Une nouvelle série de droits de douane américains visant un petit nombre de produits canadiens est entrée en vigueur mardi, alors que Washington poursuit sa guerre commerciale avec le Canada.
La Maison-Blanche a annoncé la semaine dernière qu’elle imposerait des droits de douane de 50 % sur des produits représentant environ 0,6 % des importations américaines en provenance du Canada.
Les produits ciblés incluent notamment les bateaux à moteur hors-bord et les produits métalliques et papetiers.
Cependant, les autorités américaines ont également indiqué que les droits de douane de 50 % sur des produits représentant environ 0,5 % des importations américaines en provenance du Canada, tels que le ciment, le sucre, le papier hygiénique et les cannes à pêche, seraient supprimés.
Il s’agit de la dernière étape en date d’une guerre commerciale qui n’a cessé de s’intensifier depuis que le Canada s’est retiré des négociations commerciales officielles le mois dernier.
Le premier ministre Mark Carney a déclaré que les Américains avaient formulé, à la dernière minute, des exigences qui auraient porté atteinte à la souveraineté du Canada.
Alors que la guerre commerciale s’est intensifiée ces dernières semaines, M. Carney a déclaré mardi, lors d’un sommet sur l’investissement à Toronto, que si un «accord mutuellement avantageux» sur le commerce avec la Maison-Blanche voyait le jour, le Canada serait «prêt à l’élaborer et à le mettre en œuvre».
«Il faut qu’il y ait un alignement clair des intérêts et un calendrier compatible avec la mise en œuvre», a déclaré Mark Carney lors d’une conférence de presse mardi.
Le président américain, Donald Trump, a imposé en août des droits de douane sur près de 28 milliards $ de produits canadiens. Ottawa a riposté en instaurant des droits de douane de rétorsion sur les produits américains.
Le locataire de la Maison-Blanche a également ordonné l’interdiction des importations d’alcools fabriqués au Canada et d’une poignée de produits laitiers, qui entrera en vigueur le 29 septembre.
Bombardier garde le cap malgré les propos de Trump
Après l’échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis le mois dernier, M. Trump a soutenu qu’Ottawa avait retardé la certification des derniers modèles de jets Gulfstream dans le but de préserver un accès total au marché pour le secteur aéronautique canadien.
Dans un message publié le 7 septembre sur son compte Truth Social, M. Trump a spécifiquement montré du doigt Bombardier.
«FINIES LES VENTES DE BOMBARDIER AUX ÉTATS-UNIS! Leurs produits ne sont pas assez bons! Plus de 50 % de leur chiffre d’affaires provient des États-Unis — Ils vivent grâce aux acheteurs américains, aux entreprises américaines, aux aéroports américains et aux services américains — Alors que le Canada bloque nos GRANDES banques et entreprises américaines partout aux États-Unis. Ils ont même empêché Gulfstream Aerospace de faire des affaires au Canada — C’est totalement injuste et inéquitable!», a-t-il écrit.
S’adressant aux journalistes lors du Sommet canadien de l’investissement, à Toronto, le chef de la direction de Bombardier, Eric Martel, a assuré que le différend commercial avec les États-Unis n’entravait pas les projets d’expansion de l’entreprise.
«Chez Bombardier, nous créons des dizaines de milliers d’emplois aux États-Unis, a-t-il indiqué. Nous y sommes fortement implantés et nous prévoyons également d’y investir.»
Linda Hasenfratz, cheffe de la direction de l’entreprise manufacturière Linamar, a également affirmé que la guerre commerciale n’avait pas d’impact sur ses activités.
«En réalité, nous tirons parti du fait que nos clients rapatrient leurs productions d’Asie et d’Europe vers l’Amérique du Nord», a-t-elle expliqué lors du sommet.
«Ils confient volontiers des marchés à l’ensemble du Canada, des États-Unis et du Mexique. Et en fait, si je considère les douze derniers mois, nous avons enregistré un nombre record de nouveaux contrats pour notre usine canadienne.»
Matthew Bromberg, président et chef de la direction de CAE, une entreprise montréalaise de simulateurs de vol, a déclaré aux journalistes que les États-Unis restaient son plus grand marché.
«Nous ne constatons aucun ralentissement de l’intérêt de part et d’autre, a-t-il indiqué. La demande est forte. Les partenariats s’étendent sur plusieurs décennies et l’intérêt pour ce que nous avons à offrir ne faiblit pas.»
— Avec des informations de Craig Lord, à Toronto, d’Aaron Sousa, à Edmonton, et de Kyle Duggan, à Ottawa
