À l’assaut du Kilimandjaro pour la SP

Photo de Michel Scarpino
Par Michel Scarpino
À l’assaut du Kilimandjaro pour la SP
Eric Baribeault

DÉPASSEMENT. En janvier prochain, le Latquois Éric Baribeault fera l’ascension du Kilimandjaro, en marge du programme Défis d’aventures de la Société canadienne de la sclérose en plaque, une maladie qui l’afflige depuis cinq ans.

Sergent enquêteur à la contrebande à la Sûreté du Québec, M. Baribeault a ressenti, il y a cinq ans, un engourdissement de la main droite. «Je n’en ai pas fait de cas, mais plus la semaine avançait, plus mon état se détériorait», se rappelle-t-il.

Quelques jours plus tard, il n’avait plus de sensations du côté droit, ne pouvait plus bouger sa main. Immédiatement, il va consulter. Hospitalisé une semaine, il passe une batterie de tests au terme de laquelle on le prévient qu’il a peut-être la sclérose en plaques.

Ne souhaitant d’abord pas recevoir de médication à la suite de cet épisode, il rechute quelques années plus tard et le verdict tombe. Il a la maladie, qui peut dormir pendant des années et se manifester, on ne sait quand, pour causer des dommages permanents.

«Le lendemain de mon diagnostic, mon neurologue m’a rappelé […] il m’a dit que le Canada avait approuvé une étude pour un médicament très prometteur et que j’entrais dans les caractéristiques», raconte Éric Baribeault. Il participe à cette étude depuis ce jour. Environ 700 personnes au Canada font l’usage du médicament l’Ocrevus, administrée deux fois l’an.

Eric Baribeault

Chanceux dans sa malchance, il n’a aucun symptôme et mène une vie tout à fait normale, à tout près de 35 ans. «Depuis que je le prends, j’ai recommencé à jouer au hockey je m’entraîne, jogging et tout»,  est-il heureux de mentionner. Il ne court pas de marathon et est conscient de ses limites.

Il ne sait pas quels seront les effets secondaires de son médicament à long terme.

Pour cette raison et pour montrer qu’il apprécie sa qualité de vie grâce à la Société canadienne de la sclérose en plaques, il a entrepris une vaste campagne de financement et plusieurs activités ont été mises sur pied. Cette campagne se bouclera par l’ascension du Kilimandjaro. C’est une façon de redonner au suivant. Son objectif de 10 000$ est largement dépassé, à plus de 18 000$, au moment d’écrire ces lignes.

«Tous les fonds amassés iront pour la recherche», a choisi M. Baribeault. En plus de gérer la page Facebook, la Société de la SP voit à l’administration des dons et envoie des reçus.

Ce père de deux jeunes enfants est bien conscient que c’est grâce à la médication qu’il reçoit qu’il peut aussi bien profiter de la vie à l’heure actuelle. C’est un défi personnel qu’il veut conjuguer aux efforts mis sur pied pour amasser de l’argent, d’autant plus qu’il défraiera personnellement de l’argent pour faire le voyage de 20 jours, dont 11 en ascension. Il atteindra la Tanzanie le 13 janvier et sera de retour au Québec le 1er février. Il fera partie d’un groupe de sept personnes qui effectueront la même expédition, sans nécessairement épauler une cause.

De la préparation

Plus haute montagne d’Afrique, le Kilimandjaro est aussi la plus accessible à tous. Des guides formés accompagnent le groupe. «Le seul problème avec cette montagne, c’est qu’on ne sait pas si on est capable de la monter tant qu’on n’est pas là-bas à cause de l’altitude», prévient-il. Les gens qui ne sont pas en mesure de s’acclimater doivent se résigner à redescendre. «On ne peut pas rester plus de 30 minutes au sommet, parce qu’il y a moins de 50 % d’oxygène», met-il en garde.

Le groupe grimpera même une autre montagne auparavant afin de préparer son ascension. On s’en doute : une importante préparation physique précède le périple.

Il signale aussi que son employeur, la Sûreté du Québec, l’appuie dans tout ce qu’il vit.

Plus forts que la maladie

Marie-Jérôme Dubois, directrice du développement à la Société canadienne de la sclérose en plaques souligne qu’Éric Baribeault est le dernier participant du programme Défis d’aventures de la Société canadienne de la sclérose en plaques dans sa formule actuelle.

Depuis huit ans, en marge de ce programme, des gens qui ont la maladie ou encore des proches se dépassent dans des aventures qui sortent de l’ordinaire, en conjuguant l’aventure et la philanthropie.

«On s’occupe de toute organisation du voyage, on est le lien avec l’agence de voyages, on les épaule dans les activités pour financer leurs projets», indique-t-elle.

Des périples en kayak, des défis de vélos de route, dans les Dolomites, en Italie, ou une partie du Tour de France, l’ascension du Kilimanjaro, des voyages au Groenland ou à l’Everest, le marathon de New York, voilà autant d’aventures qui demandent une bonne forme physique et qui ont nécessité d’importantes campagnes de financement et qui ont été accomplies au fil des dernières années.

«C’est une façon de montrer qu’ils sont plus forts que la maladie», illustre Mme Dubois.

 

On peut être porteur de la maladie toute sa vie et elle ne se développera jamais. Personne, des deux côtés de ma famille, n’a la maladie, mais moi je l’ai. On ne sait pas. D’où la nécessité de la recherche

Eric Baribeault

 

Partager cet article

COMMENTEZ L'ARTICLE

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des