Richard Séguin : poète, revendicateur, chanteur et rêveur éveillé

Par Francine Beaupre

La tournée De colères et d’espoirs du chanteur Richard Séguin s’est arrêtée au Complexe culturel Félix Leclerc le 11 décembre dernier. Le poète engagé a interprété des chansons de son dernier album Appalaches, mais aussi des textes pigés dans sa grande discographie. Il a aussi mis à l’honneur certains textes de Gaston Miron, important artisan du réveil culturel et politique québécois des années 50 et 60 et auteur du recueil de poèmes L’Homme rapaillé.

Dans un décor agraire d’une simplicité spectaculaire, le spectacle nous offre des chansons porteuses de rêves et surtout d’espoir. Séguin le poète revendicateur qui rêve encore d’un pays, se présente avec des chansons résolument folks influencées par les harmonies des guitares. «C’est pour un rêve qu’on se lève. Le rêve n’aime-t-il pas se percher haut?», déclame-t-il dans une de ses chansons. Inspirant comme Dylan, il retrouve son harmonica et nous livre ses réflexions, essayant de ralentir ce système qui selon lui s’engage sur une pente contestable.

D’ailleurs dans la présentation de sa chanson Lettre au PM, il lance un message on ne peut plus clair: «croisons-nous les doigts d’honneurs, car M. Harper qui ajoute le mot royal à tout, tout, tout, n’a de passion que l’armée et la royauté». Des chansons comme In God we trust, Le vent, le vent, Journée d’Amérique et Rester debout ont trouvé écho parmi les spectateurs.

Les sonorités tirées de guitares acoustiques et électriques, mandolines, bases et steel guitar sont un véritable enchantement auditif et les paroles quant à elle se font messagères de cet espoir d’en finir avec le contexte politique et économique actuel.

Séguin s’entoure de musiciens exceptionnels et ses techniciens, tant au son qu’à l’éclairage, sont de véritables magiciens. Entre les chansons, il se raconte et installe un contact avec son public. Malgré le peu de spectateurs présents, nous étions à peine 200, il dévoile son plein potentiel et de sa voix chaude, il livre ses œuvres avec générosité. Ajoutons, et toutes les dames sont d’accord, que Richard Séguin est d’une grande beauté: de quoi faire rêver! Pour la grande admiratrice que je suis, l’ultime moment a été son interprétation de Chanson démodée, paroles et musique de Gilles Vigneault, tiré de l’album phare Récolte de rêves (1975) sur lequel nous dansions en pensant, nous aussi à un monde meilleur que l’on associait à l’époque, au retour à la terre.

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