L’horaire de 12 heures a permis de réduire les coûts d’exploitation de Smurfit-Stone

Photo de Michel Scarpino
Par Michel Scarpino
L’horaire de 12 heures a permis de réduire les coûts d’exploitation de Smurfit-Stone
Pierre Pacarar. (Photo L'ÉCHO archives)

L’an dernier, les manchettes faisaient état de 130 emplois qui se trouvaient menacés à l’usine Smurfit-Stone de La Tuque. Un peu comme en 1993, alors que le couperet était tombé pour vrai, privant quelques centaines de travailleurs de leur gagne-pain, La Tuque retenait son souffle et espérait que les nuages passeraient en vent.

Depuis, les choses semblent s’être stabilisées, mais les Latuquois ont appris à craindre les soubresauts du huart : lorsqu’il devient trop élevé, c’est que la soupe est chaude pour une multitude d’entreprises faisant affaire avec nos voisins du sud. Une partie des clients sur les carnets de commandes de l’entreprise provient, en effet, des États-Unis.

Des compressions ont donc été effectuées pour éviter des pertes d’emplois à la cartonnerie latuquoise. Une des conséquences de la réorganisation chez Smurfit-Stone qui avait, à l’époque, fait couler beaucoup d’encre a résulté en des horaires maintenant de 12 heures, au lieu des «shifts» de 8 heures que les employés vivaient depuis des décennies.

Comment se vit cette situation dans l’usine? Pierre Pacarar, directeur, croit que cela a facilité les choses en permettant une meilleure répartition des équipes : « C’est beaucoup plus facile. Quatre équipes contre neuf anciennement. L’alternance est plus régulière », fait-il observer.

Si certains pensent que les 12 heures travaillées par les employés de Smurfit Stone ont créé des talons de paie comprenant davantage d’heures supplémentaires, il n’en est rien. Le directeur de l’usine a confié à L’Écho qu’à ce chapitre, c’est le statu quo.

Il existe deux horaires différents à l’usine : celui que vivent les travailleurs du local 530 du Syndicat des Communications de l’Énergie et du Papier (SCEP) et celui du Syndicat Unik (local 34). Dans le premier groupe, on est une fin de semaine sur deux en congé, mais on doit assumer, notamment, trois quarts de travail de nuit consécutifs (horaire «3-2 / 2-3»: 3 quarts de jour / 2 jours en congé/ 2 quarts de jour / 3 jours en congé).

Quant aux travailleurs syndiqués au local 34, ils ont droit à une fin de semaine sur cinq de congé, mais font seulement deux quarts de travail consécutifs de nuit (horaire «4-4»: 2 quarts de jour / 2 quarts de nuit / 4 jours en congé). « Pour les deux horaires : en fin de compte, les employés ont plus de journées de congé en un an qu’avec l’ancien horaire «6-3», ce qui ne déplaît pas à bon nombre d’employés » a constaté Pierre Pacarar.

Si on n’aborde pas les suites des changements apportés à l’usine de La Tuque en terme de profits, on le fait plutôt en parlant de réduction de coûts. Pierre Pacarar soutient que la réorganisation effectuée l’automne 2007 a permis de réduire les coûts de production de l’usine latuquoise.

Si des rumeurs font encore état de fermeture d’une machine, M. Pacarar semble les écarter du revers de la main. « La priorité pour nous est, avant tout, de demeurer concentrés sur l’amélioration de la productivité et le développement de catégories rentables de carton. Et c’est ce que nous faisons ».

Fondée en 1910, alors la Brown Corporation, l’usine de La Tuque de Smurfit-Stone avec ses quelque 500 employés, fabrique du carton blanchi à grande valeur ajoutée. Certifiée ISO 9001 en l’an 2000, la cartonnerie dispose d’une capacité de production de 430 000 tonnes métriques par année.

Selon le site web de l’entreprise, ses marchés sont à 50 % canadien, 35 % américain et 15 % international.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires