La fusion d’AbitibiBowater officialisée

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Par Patrick Vaillancourt
La fusion d’AbitibiBowater officialisée
La consolidation de l'usine de Rivière-aux-Rats passe par l'acceptation du transfert de volume de bois de PFLT à l'usine de Rivière-aux-Rats par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune

Le dossier qui a traîné en longueur depuis le mois de mars dernier est finalement réglé. Un protocole d’entente a été signé vendredi dernier entre les syndicats d’AbitibiBowater, division La Tuque (Rivière-aux-Rats) et de Produits forestiers La Tuque (PFLT), ainsi que la compagnie.

«Nous sommes très satisfaits des résultats, affirme Pierre Choquette, porte-parole pour AbitibiBowater. Les membres du syndicat de CSN de Rivière-aux-Rats ont accepté le protocole à 71 %. Du côté du syndicat SCEP de PFLT, le protocole a été accepté à 63 %. Le transfert d’usine se réalisera lorsque l’inventaire de PFLT sera écoulé au début du mois de décembre. L’entente est aussi conditionnelle au transfert du volume de bois de PFLT à Rivière-aux-Rats. Nous attendons la réponse du ministre Claude Béchard. Cette fusion permettra à l’usine de Rivière-aux-Rats d’améliorer la productivité globale, ce qui renforcera l’industrie forestière dans le milieu.»

Au cours de la dernière semaine, la compagnie avait acheminé un avis aux deux syndicats, annonçant la fermeture des usines s’il n’y avait pas d’entente au 21 décembre. «Dès qu’il y a eu une entente, la lettre n’était plus valide», ajoute M. Choquette.

Syndicat de Rivière-aux-Rats

Par le protocole d’entente, il n’y aura que le syndicat CSN qui représentera les 154 travailleurs de la scierie de Rivière-aux-Rats. «Il n’y aura qu’un seul local syndical et nous aurons tous la même convention collective pour deux ans, explique Guy Rodrigue, président du syndicat de CSN à Rivière-aux-Rats. Il y aura 43 travailleurs de PFLT qui seront transférés à Rivière-aux-Rats. La réouverture se réalisera dans les semaines à venir, dès que le ministre Béchard l’acceptera. Donc, nos membres travailleront sur deux factions, et ceux de PFLT sur une faction. Les trois équipes de travail doivent aussi être en activité pour que l’usine demeure ouverte. Si les gens de PFLT ont à combler un quart de travail, ils utiliseront leur liste de réservistes, et ce sera la même chose pour nous.»

«On devait faire consensus pour trouver une solution pour sauver l’usine, précise M. Rodrigue. Lorsque j’ai pris la présidence syndicale, je m’étais lancé le défi de repartir l’usine avec une nouvelle convention. J’ai passé 11 protocoles en l’espace de deux semaines. Je suis bien content des acquis que nous sommes allés chercher. On a dû mettre des différends de côté quant à l’accréditation syndicale pour le bien de la région. Toutefois, nous ne sommes pas à l’abri d’une fermeture éventuelle. Tout dépendra du contexte économique.»

Syndicat de PFLT

De son côté, exécutif syndical de PFLT soutient que la pression était devenue très forte. «Oui, le projet d’intégration a été accepté à 63,6 %. Oui, les membres de la direction d’AbitibiBowater présents lors de la signature étaient bien heureux. Par contre, un partenaire important au dossier brillait par son absence, soutient le président du syndicat de PFLT, Claude Duchesneau. Aucun représentant de la Coopérative forestière du Haut-St-Maurice (CFHSM) n’a daigné se déplacer pour la signature. Pourtant, cette même coopérative ne s’est pas gênée pour déléguer des représentants pour venir nous rencontrer à l’usine de PFLT, en nous menaçant de bloquer les accès aux deux usines lorsque les travailleurs de la coopérative se sont retrouvés au chômage vers la fin d’octobre.»

M. Duchesneau soutient qu’à plusieurs reprises, la compagnie a souligné que le vote déciderait du sort de quelque 700 travailleurs forestiers en région, puisque que la Coopérative forestière était fermée, ainsi que les opérations au camp Vermillon, et l’impact aux usines de John Lewis et de la Commonwealth Plywood à Shawinigan et La Tuque. «Laisser nous vous dire que la pression était très forte. Il est certain que cela a pesé lourd dans la balance lors du vote décisif de nos membres. Peut-être le résultat aurait-il pu être différent, si nos membres ne s’étaient pas souciés des autres travailleurs.» «C’est pour cela que nous allons écrire une lettre au ministre Béchard, lui précisant que cette entente d’intégration des employés de PFLT à Rivière-aux-Rats devrait en être une transitoire seulement, et que la façon la plus équitable pour intégrer des salariés sera toujours le transfert en fonction des ratios de volume de bois avec intégration en fourchette, poursuit M. Duchesneau. Monsieur le ministre, il est temps que vous légifériez dans le sens d’une intégration équitable pour tous les travailleurs des scieries du Québec. Cette loi aurait pour but d’éviter à chacun des groupes de salariés impliqués dans un transfert de volume de bois, d’avoir à revivre une situation telle que la nôtre.»

La Coopérative forestière

«Tout d’abord, je félicite les syndiqués, qui ont bien travaillé et compris l’importance du processus, pour eux et pour la collectivité, approuve Claude Dupuis, directeur général de la CFHSM. Nos travailleurs pourront retourner en forêt dès l’acceptation du transfert de volume de bois par le ministre. Le dossier est rendu au niveau politique. Les gens pensent que ce sera un automatisme, mais ce n’est pas toujours simple avec les politiciens. Il y a eu un modèle unique de consolidation qui a été présenté, il y a eu un consensus de tout le monde. Le ministre Béchard doit donc agir avec urgence, et la ministre Boulet doit nous aider en poussant le dossier.»

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