Hydrocarbures dans la St-Maurice : on nage en plein mystère

Photo de Michel Scarpino
Par Michel Scarpino

ENVIRONNEMENT. Hydro-Québec s’explique mal comment un produit, peut-être de l’huile, a pu se retrouver dans la rivière St-Maurice, vendredi dernier.

Des pêcheurs ont filmé une scène triste à voir vendredi. Le cours d’eau était pollué, de chaque côté de leur embarcation. Le clip vidéo a été mis sur Facebook et a eu un effet viral, partagé plus de 380 fois.

Voyez la capsule vidéo ici

«Le ministère (du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques) nous a appelés vendredi soir pour nous aviser que quelqu’un avait signalé la présence d’hydrocarbures (…) Vendredi soir, nos équipes se sont déplacées vers la centrale Beaumont pour vérifier. Ils ont aussi fait une patrouille sur embarcation samedi sur le tronçon de la rivière St-Maurice entre les aménagements Beaumont et La Tuque. On n’a trouvé aucune trace d’hydrocarbures», signale Elisabeth Gladu, porte-parole d’Hydro-Québec.

On ne peut déterminer avec précision ce qui aurait pu causer la présence de cette substance indésirable dans le cours d’eau. Toutefois, Mme Gladu émet l’hypothèse qu’elle puisse découler des travaux dans le groupe turbine alternateurs 1 de la centrale Beaumont. «Elle a été en arrêt depuis le 30 mai et on l’a redémarrée vendredi en fin de journée. Une des hypothèses est qu’il puisse y avoir eu des résidus d’huile dans l’aspirateur et peut-être qu’en le démarrant, ces résidus d’huile se seraient écoulés dans la rivière. Mais ce n’est qu’une hypothèse et on ne peut même pas la confirmer», expose Mme Gladu. Selon elle, d’autres possibilités pourraient aussi tout aussi bien expliquer le phénomène, soit une activité nautique ou un villégiateur qui échappe son réservoir d’essence dans la rivière.

Quelle quantité d’hydrocarbure ?

«On ne peut rien confirmer et dans tous nos autres systèmes, il y avait pas de perte d’huile. C’est donc clair qu’il ne peut pas s’agir de nos autres équipements», précise la porte-parole. Tant que les évacuateurs de crue ne sont pas ouverts, le barrage crée une barrière physique aux hydrocarbures. Flottant, l’hydrocarbure ne sera arrêté que par une centrale. « Si c’est de l’huile qui arrivait de la centrale Beaumont, elle se serait collé sur les débris flottant en amont de La Tuque ou sur la paroi de la centrale (…) Samedi, nos équipes ont patrouillé en embarcation les baies, partout et n’ont rien vu, poursuit Mme Gladu. On n’a retrouvé aucune trace d’hydrocarbures dans les débris flottants non plus. Si ça avait été de l’huile provenant de nos équipements, c’est clair qu’on aurait pu la retrouver dans les débris flottants et on aurait pu la récupérer». L’huile aurait pu terminer son chemin, collée sur la centrale La Tuque sans s’y échapper : les évacuateurs de crue étaient fermés en fin de semaine.

Personne ne peut quantifier la quantité d’hydrocarbures qui s’est retrouvé à flotter dans la St-Maurice. Un des internautes qui ont mis la vidéo en ligne a confié à TC Media avoir d’abord constaté une forte odeur de pétrole sur place, près du pont de la route 25. « On est même allé vérifier s’il n’y avait pas eu un accident un peu plus loin», disait-il, déplorant la présence de papillons morts dans cette essence.

Hydro affirme avoir fait le maximum dès qu’elle a été avisée de la situation, vendredi soir et avoir agi avec transparence avec le ministère.

Le ministère confirme : rien n’a rien trouvé

«Des vérifications ont été réalisées afin d’identifier la source de ce déversement notamment auprès de la centrale hydroélectrique du barrage Beaumont d’Hydro-Québec. Celle-ci n’a pu être identifiée, indiquait Geneviève Lebel Coordonnatrice aux relations avec les médias au MDDELCC. Lors des vérifications réalisées sur la rivière St-Maurice samedi par Hydro-Québec, aucune contamination n’a été constatée».

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