Gaston Fortin s’éteint à 68 ans

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Par Patrick Vaillancourt
Gaston Fortin s’éteint à 68 ans
(Photo L'ÉCHO archives)

L’ex-maire de La Tuque de 1991 à 2003, Gaston Fortin, est décédé dimanche après-midi vers 15 h 15. Le cancer du poumon a eu raison à 68 ans de cet homme politique et d’affaires qui a laissé sa trace dans le monde latuquois. Les obsèques se dérouleront ce samedi, à 10 h 30, à l’église St-Zéphirin. Le drapeau municipal devant l’Hôtel de Ville a été mis en berne en début de semaine.

En plus d’avoir été maire de 1991 à 2003, Gaston Fortin a été conseiller municipal de 1969 à 1977. M. Fortin s’est lancé pour une première fois en politique en 1969. Il a même été candidat pour deux élections provinciales du comté de Laviolette : il représentait l’Union nationale en 1976 tandis qu’il s’était présenté en 1994 en représentant le Parti Libéral du Québec. Lors des deux occasions, il avait été défait par Jean-Pierre Jolivet.

Le maire actuel de La Tuque, Réjean Gaudreault, a affirmé qu’il y avait une possibilité pour la famille de choisir certains collègues ayant travaillé avec M. Fortin comme porteurs d’honneur pour les funérailles de samedi. «C’est dommage qu’il nous quitte à seulement 68 ans. Gaston était un gars fier. Il était un homme déterminé avec plusieurs idées. Nous avons eu de bons échanges lui et moi lors de la fusion de la Haute-Mauricie. Il y avait des échanges virils, mais nous n’étions pas en guerre. Nous avions des différences dans le style de gestion.»

Ancien conseiller municipal lors du règne de M. Fortin, Gaston Hamel était encore en lien étroit avec lui. «On devait se rencontrer la semaine dernière, mais il a remis notre rendez-vous en raison de sa maladie. En tant qu’homme politique, beaucoup de dossiers ont avancé grâce à Gaston. Il était un grand entrepreneur, c’était un homme d’action. Ce qui m’a le plus marqué de lui, c’est lorsqu’il avait une idée en tête, il la réalisait. C’était un homme déterminé.»

M. Hamel soutient que la plus belle réalisation de l’ex-maire Fortin a été le projet du pont de Rivière-aux-Rats. «Il a réussi à rassembler différentes compagnies forestières pour qu’elles travaillent ensemble. Le pont de Rivière-aux-Rats a été conçu en même temps que le site Vallières. Il y a donc eu beaucoup de créations d’emplois en rapport à ce projet.»

Parmi les autres dossiers politiques associés à Gaston Fortin, on retrouve la démolition de l’hôtel Windsor afin de bâtir le complexe le Renaissance, l’érection de la salle de spectacle du Complexe culturel Félix-Leclerc, et l’entente avec Hydro-Québec pour les projets des centrales de Rapides-des-Cœurs et Chute-Allard.

Un grand homme d’affaires

Bien avant sa carrière politique, M. Fortin était bien connu dans le monde latuquois pour ses actions dans le monde des affaires. «Gaston, c’était une vraie petite PME ambulante», acquiesce son frère Jacques Fortin.

M. Fortin a été propriétaire d’une mercerie pour hommes, puis s’est porté acquéreur de la salle 0-100-20, en bordure du lac St-Louis. Il a été propriétaire du restaurant Pignon Rouge, aujourd’hui le restaurant Scarpino. Il a été actionnaire dans une roulathèque située au carrefour La Tuque, et de la brasserie au vieux couvent. Il a démarré une discothèque à Rouyn-Noranda, et a été propriétaire d’un resto-bar aux Galeries la Tuque.

Toutefois, son plus bel accomplissement a été l’instauration des 24 heures de nage de La Tuque, qui aura fait la renommée de la ville pendant plusieurs années. «Les 24 heures de nage, c’était son idée, affirme son frère Jacques. C’est en assistant à un marathon de vélo au vélodrome de Montréal que lui est venu l’idée de faire une telle compétition, mais pour la nage. Il y avait des nageurs professionnels provenant du monde entier qui venaient à La Tuque.» «C’est aussi lui qui a développé la Haute-Maurice. Il était propriétaire de 188 terrains aux Arpents verts qu’il a développés lui-même. C’est un gars qui aimait sa ville. Son monde, c’était La Tuque.»

Bien entendu, Jacques a été peiné de voir son frère dépérir par la maladie, mais il savait que l’ex-maire était aimé. «À plusieurs reprises lorsqu’il était malade, Jean Chrétien l’a appelé pour prendre de ses nouvelles. Même Brian Mulroney l’a appelé. Gaston était un homme généreux, honnête et déterminé. C’était aussi un grand amant de la nature.»

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