Andres Leone revient voir La Tuque vingt ans après son séjour

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Par Michel Scarpino
Andres Leone revient voir La Tuque vingt ans après son séjour
Andres Leone a eu beaucoup de plaisir à revenir à La Tuque avec Claude Labranche

Les voyages forment la jeunesse. Andres Leone peut vous le confirmer. En septembre 1990, à 15 ans, il atterrit au Québec, avec comme destination La Tuque dans le but d’y passer un an. C’est l’organisme Interculture Canada (AFS) qui l’a lié avec une famille latuquoise, Claude Labranche et Josée Bellavance qui l’avaient accueilli pendant toute l’année scolaire dans leur appartement de la rue St-Michel.

« J’ai tout de suite aimé la ville », évoque le sympathique jeune homme, aujourd’hui âgé de 35 ans. Il avait envie de connaître la culture des gens du Québec et d’apprendre la langue française, comme si l’allemand, l’italien et sa langue maternelle, l’espagnol parlé en Équateur, ne lui suffisaient pas…

Andres Leone s’est fait abondamment d’amis à La Tuque,notamment à l’école Champagnat, même s’il confesse que son allure de gamin de 12 ans lui a un peu mis des bâtons dans les roues au début. Aujourd’hui, la liste de ses amis Facebook de La Tuque confirme que les gens ne l’ont pas oublié : « Depuis un an, je me suis reconnecté avec beaucoup de gens de La Tuque, grâce à Facebook ». Ainsi, entre les salles de cours et les différentes activités récréatives qui avaient lieu, à l intérieur comme à l’extérieur de l’école, il n’a pas de difficulté à se remémorer les noms des nombreux jeunes qui l’ont rapidement accepté comme un des leurs.

Le choc de l’arrivée

S’il est un élément qui produit un choc quand on est tout jeune, né en Argentine, qu’on a vécu à Quito, en Équateur, loin du froid, c’est certainement l’adaptation à un nouveau climat comme le pays nordique de La Tuque. Par exemple, la neige tombe-t-elle petit à petit ou d’un bloc ? Que sont donc les « combines » dont tout le monde parle et qui protègent du froid ?

En un an, il a terminé son secondaire 5, dans une langue étrangère par surcroît, ce qui rend très fier celui qui a été son « père » pendant toute cette année-là, Claude Labranche.

Quand il est arrivé à La Tuque, cette semaine, il y avait une vingtaine d’années qu’Andres Leone n’avait pas parlé le français. Mais avec quelques heures d’immersion dans la communauté latuquoise, ca revient vite : on finit par croire qu’il a quitté La Tuque la semaine dernière. « Mon seul regret est de ne pas avoir maintenu la langue française pendant toutes ces années ».

Maintenant médecin

Avec l’apprentissage de matières telles que la chimie et la biologie, ses études à La Tuque lui ont ouvert les portes de la médecine, un métier qu’il pratique aujourd’hui, avec la passion de venir en aide aux gens. Il est médecin généraliste, chirurgien et travaille aujourd’hui en gériatrie. Avec la pénurie de médecins qui frappe La Tuque, plusieurs personnes qu’il a rencontrées ici n’ont pas manqué de lui dire qu’il serait le bienvenu dans notre région…

La médecine n’est pas la seule vocation qu’Andres Leone s’est découverte. Quand il a complété sa formation en gériatrie, il est entré au séminaire, en théologie. Voilà pourquoi en plus des trois jours de pratique de la médecine par semaine, il consacre aussi quelques jours par semaine comme pasteur luthérien dans la communauté de Columbia, la capitale de la Caroline du Sud, une ville de 122 000 habitants. Mais il prévoit retourner à la médecine à plein temps sous peu.

C’est dans cette localité qu’il vit avec son épouse, Julie Smithwick, qui est travailleuse sociale et oeuvre auprès des immigrants hispaniques qui arrivent au pays de l’Oncle Sam. Ils ont un fils et une fille, Elias, cinq ans et Bella, trois ans.

Il est revenu en 1992 voir ses « parents » latuquois et Claude Labranche s’est rendu en Équateur pour visiter les parents, le frère et les trois soeurs d’Andres peu après.

Lors de son passage au Québec pendant les Fêtes, il tenait à revenir à La Tuque, question d’éveiller des souvenirs qui lui sont heureux. « Je n’oublierai jamais cette année-là, conclut Andres Leone. Parfois, il m’arrive d’en rêver. Les gens étaient merveilleux, j’ai reçu beaucoup de chacun ».

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