Fraternité Don Bosco et l’église de La Bostonnais : ça ne tient plus

Fraternité Don Bosco et l’église de La Bostonnais : ça ne tient plus

ÉGLISE. L’entente entre la Fraternité Don Bosco et la paroisse Saint-Martin-de-Tours, pour le projet de l’église Saint-Jean Bosco de La Bostonnais, ne tient plus.

La Fraternité se dissociera du projet, elle devra quitter l’église au plus tard le 15 novembre. La paroisse Saint-Martin-de-Tours a d’abord expliqué ses craintes pour la viabilité à long terme du projet.

Au cours de l’été, les administrateurs de la Fraternité Don Bosco ont été appelés à déposer des prévisions budgétaires annuelles en vue de la présentation d’événements de financement tel un bingo.

«Nous avons donné l’opportunité à La Fraternité Don Bosco, de procéder à leurs activités de financement au sous-sol de l’église au cours de l’été avec l’objectif de nous présenter un plan d’affaires démontrant la capacité financière de la Fraternité à prendre charge de ce bâtiment et d’en assurer la pérennité, le tout pour le 15 août 2018», confirme Sylvie Girard, porte-parole de l’assemblée des marguillers de Saint-Martin-de-Tours.

Ces prévisions faisaient état de revenus de 23 691$, contre des dépenses de 17 650$, dégageant un bénéfice de 6 041$, pour la prochaine année, un montant qui incluait une réserve de 2 000$ pour l’entretien du bâtiment.

«Nous avons expliqué que notre but était de faire l’acquisition du bâtiment», a dit la coordonnatrice de la Fraternité, Rachel Fluet. L’assemblée des marguilliers lui a présenté un bail de trois ans, pour leur donner l’opportunité de mettre à exécution leur plan d’affaire

« La conception du bail intégrait la notion que la Fraternité assumerait la totalité de coûts d’exploitation de l’immeuble et créerait une réserve de 500$ par mois, leur contribution à la paroisse, qui serait préservée dans un compte dédié et qui leur serait remis à la fin du bail. C’était une façon de gérer le risque et tester leur capacité à assumer toutes les responsabilités de propriétaire de l’immeuble», indique Mme Girard.

Avec 6000$ de loyer et 5 000$ d’assurances par année, Rachel Fluet considère que son organisme n’a pas les moyens d’emboiter le pas, n’ayant plus de marge de manœuvre pour l’entretien usuel de l’immeuble. «Ils sont allés chercher un bail commercial sur Internet, le triple net», lance Rachel Fluet.

Selon les documents fournis par la Fraternité Don Bosco à L’Écho de La Tuque, la valeur du bâtiment a été établie à 714 000 $. Mme Fluet se demande d’où vient ce chiffre. «Ce montant est la couverture de notre police d’assurance actuelle , il ne s’agit donc pas d’une évaluation municipale ou d’une autre forme quelconque», assure Mme Girard.

Mme Fluet ajoutait avoir demandé de visiter l’église, ce qui n’aurait pas été possible selon elle, alors que le bail stipulait que le preneur déclarait l’avoir visitée et dispensait le bailleur de fournir de plus amples descriptions. Mais vu qu’il y a eu très peu de discussions autour du cadre financier, peu d’éléments ont pu être identifiés pour faire partie du bail, dont celui-ci, soutiennent les marguilliers.

Mme Fluet a aussi appris que le terrain était scindé et que l’église était isolée, avec les espaces de stationnement de chaque côté.

La Fraternité devra donc libérer les espaces pendant les prochaines semaines. «Vos souhaits ne cadrent pas dans les orientations de l’assemblée des marguillers. Une décision sur l’avenir du bâtiment-église La Bostonnais sera prise à sa prochaine assemblée régulière du 18 octobre. Nous vous invitons à préparer un plan de fin d’opérations dans le sous-sol de l’église et de voir à la relocalisation nouveau billet pour y parvenir dans un délai raisonnable, au plus tard le 15 novembre», leur ont écrit les responsables de la paroisse Saint-Martin-de-Tours, dans une lettre datée du 3 octobre.

Avec 10 membres actifs, la Fraternité Don Bosco disait pourtant constater une affluence de plus en plus forte à ses activités. La responsable s’explique mal pourquoi les marguilliers ne se sont pas rendus à la proposition d’achat. «On est dévastés, on est sans mots, on ne comprend pas (…) On n’a pas la possibilité de moyens de pression, ils ont leurs propres règles» déplore Rachel Fluet, qui espère que son message sera entendu par l’archevêché.

«Une proposition de bail a été acheminée par courriel aux deux négociateurs de la Fraternité, en vue de la deuxième rencontre le 27 septembre. A cette rencontre, Rachel Fluet n’était plus en accord pour prendre le bâtiment avec toutes ses déficiences, ni pour assumer l’ensemble des frais d’exploitation et de contribuer 500$ à un fond pour la restauration du bâtiment. Très peu de discussion ont eu lieu sur le contenu du bail puisque le cadre financier, basé sur leur plan d’affaire, ne convenait plus», mentionne Sylvie Girard.

 

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