Un mini Pow wow pour et par les jeunes

LA TUQUE. À seulement 15 ans, Livia Pittikwi-Lacasse, originaire de Wemotaci et née à La Tuque, porte un projet unique: un Pow wow conçu spécialement pour les jeunes de sa communauté et de La Tuque.

Depuis deux ans, Livia Pittikwi-Lacasse rêve de partager la fierté qu’elle ressent en dansant dans les Pow wow. “Depuis que je suis jeune, je danse dans les Pow wow, et pour moi, c’est une fierté que je voudrais partager avec d’autres jeunes de ma nation, qui vivent en milieu urbain ou dans ma communauté d’origine”, explique-t-elle.

Son idée: organiser une version “mini” de l’événement, adaptée aux jeunes du primaire (5e et 6e année) et du secondaire 5. L’événement se déroulera le 26 septembre sur le terrain de football de l’école secondaire Champagnat, à La Tuque. “Pendant une journée complète, on va faire danser des jeunes de Wemotaci et de La Tuque, pour ceux qui veulent”, précise Livia Pittikwi-Lacasse.

Accompagnée par la Maison de Jeunes Défi-Jeunesse, en collaboration avec le Conseil des Atikamekw de Wemotaci, le Centre d’amitié autochtone Capetciwotakanik – La Tuque et l’École secondaire Champagnat, l’organisatrice offrira ainsi aux jeunes Latuquois une occasion unique de découvrir et vivre un Pow wow à La Tuque.

Le projet a pris forme grâce au soutien du budget participatif jeunesse de la Ville de La Tuque. “J’ai vu une opportunité pour le faire avec la Ville pour les budgets jeunesse. Je me suis inscrite et l’an passé j’ai été acceptée pour avoir 5 000$”, raconte-t-elle. À ce montant s’ajoutent environ 8 000$ fournis par le conseil de la Nation Atikamekw de Wemotaci pour couvrir les frais de transport. “Dans mon plan financier, on serait correct avec ça”, indique la porteuse du projet, qui évalue les coûts prévisionnels autour de 6 100$, sans compter les frais de déplacement.

Pour la jeune organisatrice, chaque détail compte: location d’autobus, réservation de drummers et de danseurs, système de son et chapiteaux pour offrir de l’ombre aux participants. “Je veux que ce soit agréable pour les jeunes, on va leur donner des collations et un petit budget pour remercier les danseurs et les drummers”, précise-t-elle.

Le concept reste fidèle aux traditions. “Ça va être pas mal comme un Pow wow traditionnel, juste avec des petites modifications pour les jeunes.” Chaque groupe profitera d’une grande entrée et de plusieurs danses pendant environ une heure.

Si l’idée est née de son observation que “beaucoup de jeunes de La Tuque ne savent pas c’est quoi un Pow wow”, Livia Pittikwi veut que ce moment soit une découverte. “J’aimerais leur faire découvrir c’est quoi et comment ça se déroule dans une journée.”

Malgré son jeune âge, Livia Pittikwi-Lacasse mène de front ses études à l’école Champagnat et l’organisation de ce projet. “On se fait une réunion par mois pour avancer et voir quand on va tout réserver”, confie-t-elle, appuyée notamment par sa mère et Kim Poirier de Ville de La Tuque, ainsi que quelques amis qui la soutiennent moralement.

Fière de voir son idée prendre forme, elle espère créer un événement rassembleur pour la jeunesse autochtone de sa région. “C’est pas un événement public, c’est vraiment réservé pour les jeunes, pendant une journée d’école”, précise-t-elle.

Avec ce Pow wow, Livia Pittikwi-Lacasse souhaite semer une graine de fierté et de transmission culturelle. “Je veux que les jeunes croient en eux et découvrent ce que ça représente.”