Un cri du cœur par le Complexe culturel

LA TUQUE.  La publication du 15 avril dernier lancé sur les réseaux sociaux par l’équipe du Complexe culturel Félix-Leclerc parlait d’elle-même : une personne seule dans une salle avec comme accroche “Une seule personne présente au dernier film…”

Au moment d’écrire ces lignes, la publication avait été partagée à 246 reprises avec 160 réactions et 90 commentaires.

“C’était un cri du cœur calculé et fait de façon positive. Ce n’était pas du tout pour dire qu’on était sur le point de fermer, commente la directrice générale du Complexe culturel, Marie-Pierre Mailhot. On voulait rappeler que le service de cinéma existait, et plusieurs personnes nous ont dit qu’elles ne le savaient pas. On voulait attirer l’attention, de là cette première phrase, et c’était justement le cas pour cette journée du 15 avril en après-midi.”

Une demande avait été faite pour des diffusions de film en après-midi, mais de moins en moins de gens se déplacent pour la présentation de films en après-midi.

D’ailleurs, le service avait été mis sur pause lors de la pandémie, et avec la reprise, le projecteur a rendu l’âme. Si bien qu’une réflexion a été faite par la direction du Complexe conjointement avec la Ville. Finalement, un nouveau projecteur au coût de 80 000$ a été acheté pour poursuivre les projections cinématographiques.

“On a eu beaucoup de rétroaction, on était prêt, et ça permit un bel espace de discussion avec le public qui avait des commentaires. Dans notre cas, on est une salle de spectacle avant tout, et quand on a des trous, on fait du cinéma. Il y a un défi logistique dans tout ça. On a fixé des plages horaires les mercredis et les dimanches, mais on va essayer d’en offrir les vendredis et les samedis soirs. Mais la priorité va aux spectacles”, affirme la directrice.

Mme Mailhot poursuit en indiquant que 70% de son budget est lié à des revenus autonomes, et seulement 30% proviennent de subventions. “On doit aller chercher des revenus pour financer la culture, et le cinéma en fait partie pour nous, tout comme les locations de salles. On a une belle ascension malgré tout, le cinéma allait moins bien avant la pandémie.”

Pour le choix des films, c’est la récurrence des représentations qui permet d’avoir les nouveautés plus tôt. “On a ajouté une représentation le mercredi après-midi afin de pouvoir avoir des films en nouveautés. Les compagnies envoient les copies des nouveautés aux cinémas qui diffusent les films plusieurs fois par jour et sept jours sur sept. Ensuite, ils envoient les copies à ceux qui peuvent le diffuser plusieurs fois par semaine. Ensuite, les copies sont envoyées à ceux qui diffusent le film une seule fois. C’est ce qui fait qu’on n’a pas les nouveautés aussi rapidement que les grands cinémas. On est dans la deuxième ou troisième catégorie. Quand on a ajouté une représentation le mercredi après-midi, c’était justement pour être dans la deuxième catégorie et avoir accès à des nouveautés plus rapidement. C’était stratégique même si on sait qu’on a moins de monde.”