Samuel Rancourt fait danser La Tuque dans Futur Zéro

LA TUQUE. 

Le Parc des Chutes-de-la-Petite-Rivière-Bostonnais apparaît aussi dans la vidéo aux côtés d’images tournées à Montréal et de séquences envoyées de plusieurs régions. Pour Samuel Rancourt, cette présence latuquoise n’a rien d’un hasard. Elle prend racine dans un coup de cœur né il y a deux ans, lors du tournage du projet Le Portail, porté notamment par Yvan Ross.

« C’était la première fois que j’allais à La Tuque. Non seulement la route pour se rendre est tellement belle, mais la place et l’accueil des gens m’ont marqué », raconte-t-il.

Originaire de la Beauce, l’artiste dit avoir retrouvé en Haute-Mauricie une chaleur humaine qui lui était familière. Pour Futur Zéro, il souhaitait créer une œuvre rassembleuse, capable de faire voyager l’art au-delà des grandes villes et des salles d’exposition. Intégrer des visages de La Tuque s’est donc imposé naturellement.

Yvan Ross garde lui aussi un souvenir fort de cette rencontre artistique. Samuel Rancourt avait été recommandé à l’équipe du Portail après le désistement d’une autre comédienne, et le lien s’est rapidement créé entre les deux hommes, qui jouaient des frères dans le projet. « C’est une belle découverte pour moi. Je ne le connaissais pas du tout avant Le Portail », souligne Yvan Ross, qui décrit Samuel Rancourt comme « un artiste aux mille talents ». Lorsqu’il a reçu la chanson, il y a immédiatement vu ” une toune d’été “, légère et rassembleuse. Il s’est donc filmé en train de danser, salopette sur le dos, dans un clin d’œil assumé à leur complicité née du tournage.

Derrière ses airs de chanson estivale, Futur Zéro prend pourtant racine dans une expérience plus intime. Samuel Rancourt explique avoir écrit la pièce après une peine d’amour vécue juste avant Noël. Le titre évoque ce moment où l’attirance et la chimie sont bien présentes, mais où l’avenir, lui, ne suit pas.

« La chimie était là, mais il n’y avait pas vraiment de futur. Il n’y avait aucun futur », résume-t-il. Plutôt que de rester dans la blessure, l’artiste a voulu transformer cette rupture en quelque chose de lumineux.

Cette volonté traverse tout le vidéoclip. On y danse, on sourit, on se filme dans son décor, qu’il soit urbain, naturel ou familial. La peine personnelle devient une fête collective. L’artiste raconte d’ailleurs avoir reçu plusieurs messages de gens qui se sont reconnus dans la chanson, parfois au sortir de leur propre peine d’amour.

Futur Zéro est aussi pensé comme un vernissage virtuel. Également peintre, Samuel Rancourt y intègre ses toiles, dominées par des visages éclatés et colorés. Le maquillage corporel réalisé par Solange Paradis, ancienne maquilleuse du Cirque du Soleil, prolonge cet univers pictural jusque sur le corps de l’artiste.

« Chaque matin, je me réveille et j’ai un besoin viscéral de créer », explique-t-il. Peinture, chanson, jeu, montage, écriture : l’artiste multiplie les formes sans chercher à les séparer. Avec Futur Zéro, il réunit tout cela dans une seule proposition, à la fois musicale, visuelle et théâtrale.

Avec ce projet, Samuel Rancourt propose donc plus qu’un vidéoclip. Il trace un pont entre Montréal et La Tuque, entre la peinture et la pop, entre une peine d’amour et un élan collectif. Une œuvre assumée, lumineuse et rassembleuse, où la Haute-Mauricie trouve sa place dans une danse qui dépasse largement ses frontières.