Régalias atikamekw à l’honneur à Shawinigan
PREMIÈRES NATIONS. Une exposition consacrée aux régalias atikamekw sera présentée pour la première fois en Mauricie à l’Espace culturel Onikam, à Shawinigan jusqu’au 16 mai 2026.
L’Espace culturel Onikam, à Shawinigan, accueillera l’exposition Régalia – Expression, renaissance et résonance, une initiative de Coop Nitaskinan mettant en lumière six régalias portées par des membres des trois communautés atikamekw.
Selon Vincent Hamelle, membre travailleur de la Coop Nitaskinan et coordonnateur de la programmation d’Onikam, il s’agit d’une première d’envergure. « C’est vraiment la première fois qu’une exposition avec de vraies régalias est présentée en Mauricie, puis même plus largement au Québec. Il y a déjà eu des expositions régalias, mais c’était des photographies avec beaucoup de contenu éducatif et pédagogique. Mais nous, on a pris le parti, vraiment, de présenter des tenues authentiques de six personnes. »
Les régalias exposées sont des tenues cérémonielles conçues pour être portées lors des pow wow. Elles sont associées à des styles de danse précis et incarnent l’identité, la mémoire et le positionnement culturel de leur gardienne ou gardien. « C’est quelque chose qui est quand même assez rare que des gardiens ou des gardiennes de régalias confient leurs régalias pendant une période aussi longue. On est vraiment très contents qu’ils nous fassent confiance là-dessus », souligne M. Hamelle.
Pour assurer leur conservation, l’espace a été aménagé avec des socles et des vitrines adaptés.
L’exposition propose également un éclairage historique sur l’évolution des pow wow. « On veut vraiment aussi expliquer un petit peu l’origine de tout ça. En fait, les pow wow n’étaient pas des événements traditionnels célébrés dans le nord-est de l’Amérique, puisqu’il y a eu une période d’interdiction des célébrations autochtones, au Canada comme aux États-Unis, durant toute la première moitié du XXe siècle, pendant laquelle les représentations culturelles autochtones étaient interdites par la loi. C’est vraiment à partir de 1950, à peu près, que ça s’est assoupli », déclare le Coordonnateur. Ces rassemblements sont aujourd’hui devenus des lieux d’affirmation culturelle. « Le pow wow aujourd’hui, c’est vraiment comme un instrument d’affirmation culturelle. Également des événements de célébrations identitaires, de réappropriation culturelle et de renaissance », poursuit-il.
Le choix des participants s’est ancré dans le territoire et l’équipe a sélectionné une femme et un homme de chacune des trois communautés atikamekw, en veillant à représenter les principaux styles de danse. « À la base on a voulu vraiment recentrer sur la nation atikamekw et étant donné que nous, on est sur le Nitaskinan, à Shawinigan. Donc, sur le territoire ancestral de la nation atikamekw, on a choisi de présenter six régalias, donc une femme et un homme de chacune des trois communautés atikamekw et utilisé notre espace culturel pour une première monture. »
Concrètement, il existe trois types de danses par sexe, Chaque danse porte une signification particulière. « Le gardien ou la gardienne choisit sa danse. Et en fonction de ce choix mais également de comment il se sent dans sa communauté, qu’est-ce qu’il représente, de comment il est vu par sa famille, la régalia est ensuite confectionnée en cohérence avec cette identité. On parle de danse traditionnelle, de Grass Dance et de Fancy Dance, pour les hommes. Et, de danse traditionnelle, de danse des clochettes (jingle dance) et la danse du châle ou Fancy Shawl Dance pour les femmes », précise les organisateurs.
Au-delà de la mise en valeur artistique, l’objectif est interculturel. « Notre but, c’est surtout que les gens comprennent mieux, qu’ils aient un moyen facile d’appréhender qu’est-ce que représentent les Pow wow, qu’est-ce que représentent les Régalias dans la nation atikamekw. » Pour le public autochtone, l’intention est différente: « Chez les autochtones, l’idée, c’est vraiment de valoriser et rendre visible leur culture », conclut-il.
L’exposition a été réalisée grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada, de la Ville de Shawinigan et du Secrétariat aux relations avec les Premières Nations.
