Les Charbonniers de l’enfer tirent leur révérence

CULTURE. Après plus de 30 ans à faire résonner les traditions chantées du -Québec, Les Charbonniers de l’enfer entreprennent une tournée d’adieu intitulée F-I -FI, -N-I -NI !, qui les mènera sur près d’une cinquantaine de scènes à travers la province. Le groupe s’arrêtera notamment à La Tuque le 13 novembre offrant au public une dernière occasion de retrouver leur univers a cappella unique.

PAR FATOUMATA DAPA

Fondée il y a trois décennies, la formation composée de Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand et Normand Miron a marqué la scène musicale québécoise par son interprétation sans instruments d’un répertoire puisé dans la tradition orale. Leur démarche artistique, saluée à plusieurs reprises par l’ADISQ, marie rigueur, recherche et passion pour la transmission du patrimoine chanté québécois.

Pour André Marchand, membre du groupe, cette tournée a pris naissance presque par hasard, mais elle s’est rapidement imposée comme une évidence.

« On considérait depuis quelques années qu’on avait terminé, certainement au niveau des tournées. Puis il est arrivé des événements qui ont fait que soudainement, il y a eu une disponibilité de la part de tout le monde. Là, quelqu’un a lancé l’idée d’une tournée d’adieu, et ça a souri à tout le monde. »

Prévue au départ pour une vingtaine de représentations, la tournée comptera finalement près de cinquante concerts, un engouement qui témoigne de la fidélité du public.

« On se demandait si les diffuseurs auraient encore de l’intérêt après six ans d’absence, et finalement oui. Les billets se vendent très bien partout, c’est très stimulant pour nous », confie M. Marchand.

Le spectacle, mis en scène par Émile Proulx-Cloutier, propose un regard sensible et renouvelé sur trois décennies de répertoire. Ce retour sur scène sera aussi teinté d’émotion, notamment par la présence symbolique de Jean-Claude Mirandette, membre fondateur du groupe décédé en 2019.

« Les gens qui connaissent les Charbonniers vont quand même sentir sa présence dans ce -concert-là. Les gens vont nous retrouver à 100 %. On a choisi un répertoire qu’on avait le goût de chanter, d’un répertoire ramassé pendant 32 ans. C’est vraiment un au revoir qu’on fait avec les gens. »

La tournée F-I -FI, -N-I -NI ! se veut donc à la fois un hommage, une célébration et un remerciement envers le public.

« Après toutes ces années à chanter ensemble, on avait envie de boucler la boucle avec le public qui nous a portés. F-I -FI, -N-I -NI !, c’est notre façon de dire merci, une dernière fois », déclarent Les Charbonniers de l’enfer dans le communiqué officiel.

Le groupe, originaire de la région de Joliette, conclura son parcours au Centre culturel Desjardins de Joliette le 18 décembre 2026.

Pour André Marchand, cette ultime tournée a une signification toute particulière.

« Je pense qu’on boucle la boucle, finalement. Ça devrait être assez émouvant, mais on a encore le plaisir de chanter ensemble comme au premier jour. On va beaucoup s’amuser aussi. »

Reconnu pour son approche minimaliste, quatre voix et le battement du pied, le quatuor a su faire vivre la musique traditionnelle à travers les générations.

« On est comme un peu les plus vieux de ceux qui font encore du trad aujourd’hui. On a eu la chance de rencontrer des chanteurs chez qui ça se passait encore dans les familles. Alors, pour les gens qui veulent en faire après nous, je leur dis : gênez-vous pas d’aller écouter les vieux », conclut M. Marchand avec un sourire dans la voix.

Les Charbonniers de l’enfer prévoient ainsi offrir à La Tuque, Shawinigan et Baie-du-Febvre un dernier tour de chant empreint de mémoire, d’humour et de reconnaissance.