Laura Niquay présentera son nouvel univers à Wemotaci
WEMOTACI. Le spectacle que Laura Niquay offrira le 22 août au Festival Tewehikan prendra des airs de retour aux sources. L’artiste atikamekw y présentera pour la première fois dans sa communauté les chansons de son nouvel album, dont la sortie est prévue en novembre.
Née à La Tuque et élevée à Wemotaci, Laura Niquay demeure profondément attachée à la communauté où vit toujours une partie de sa famille.
« C’est important pour moi. La famille est là-bas et elle m’encourage tellement dans mon cheminement musical. Ça fait toujours du bien de faire un retour parmi eux », confie-t-elle. Malgré les nombreuses scènes qu’elle a foulées au Québec comme à l’étranger, chanter devant les siens conserve une signification particulière. « C’est un privilège qu’on m’invite par chez moi. »
Le public de Wemotaci pourra découvrir presque entièrement le répertoire de son prochain album, intitulé Nir Wactenama, que l’artiste traduit par ” Moi, lumière “. Elle prévoit interpréter toutes ses nouvelles compositions, accompagnées de trois chansons tirées de son précédent répertoire. ” Ça va être un gros show “, promet-elle.
Ce nouvel opus marque un virage plus personnel. Après avoir puisé notamment dans son rapport au territoire et à la Terre-Mère sur son précédent album, Laura Niquay tourne cette fois son regard vers elle-même, avec ses forces, ses contradictions et les épreuves traversées.
« Cet album-là, je me l’offre à moi. Je parle beaucoup de moi, parce que tout le monde vit des hauts et des bas. C’est ma thérapie à moi », explique-t-elle. La chanteuse souhaite également que ses textes puissent accompagner d’autres personnes confrontées à des périodes difficiles. Plusieurs de ses compositions abordent ainsi la résilience, le changement et la volonté de devenir une meilleure version de soi.
Le titre de l’album évoque justement cette recherche intérieure. « C’est d’aller chercher ma petite lumière qui était en moi. […] J’essaie d’aller chercher ma lumière qui était éteinte depuis longtemps », raconte l’artiste, qui dit avoir exploré autant ses bons côtés que ses traits de caractère plus difficiles.
Cette introspection s’accompagne d’un nouveau son, que Laura Niquay décrit comme davantage teinté de rock et de blues. Elle sera entourée d’un groupe composé entièrement de femmes, un choix délibéré qui porte aussi un message.
« J’ai voulu faire un gros projet entièrement avec les femmes. Les femmes sont capables d’être sur scène entièrement. Elles sont là pour être des guides sur scène », affirme celle qui agit également comme ambassadrice auprès de Femmes Autochtones du Québec.
Seule Atikamekw du groupe, elle transmet aussi sa langue à ses musiciennes allochtones, qui apprennent à chanter avec elle. Durant ses spectacles, Laura Niquay prend soin d’expliquer le sens de ses chansons aux personnes qui ne comprennent pas l’atikamekw, afin de les faire entrer dans son univers.
« C’est important pour moi d’échanger notre culture et de partager nos langues », souligne-t-elle. À ceux qui s’étonnent de l’entendre chanter entièrement dans sa langue maternelle, elle répond avec humour. « Si moi, j’ai réussi à apprendre la langue la plus dure au monde, le français, avec ses conjugaisons sans fin, pourquoi pas vous aussi apprendre ma langue? »
Le rendez-vous du 22 août permettra ainsi au public de Wemotaci de découvrir une facette renouvelée de Laura Niquay, quelques mois avant le lancement officiel de l’album. Une occasion, pour l’artiste, de présenter sa nouvelle lumière devant ceux qui l’ont accompagnée depuis ses débuts.
