Deux dictionnaires sur la langue atikamekw sont lancés

Michel Scarpino mscarpino@icimedias.ca

Deux dictionnaires sur la langue atikamekw sont lancés
Le Grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish, Véronique Chachai et Nicole Pétiquay, du CNA ainsi que Marie-Odile Junker, linguiste à l'Université Carleton. (Photo : Capture d'écran)

En collaboration avec l’Université Carleton, le Conseil de la nation atikamekw (CNA) vient de lancer deux importants ouvrages de référence sur la langue atikamekw.

Un dictionnaire Atikamekw-Français et un dictionnaire Français-Atikamekw viennent d’être publiés.

L’ouvrage est le fruit du labeur de l’équipe des services linguistiques du CNA, en collaboration avec l’Université Carleton. 12 000 mots en Atikamekw trouvent dorénavant leur équivalent en français. On croit que ces outils aideront au maintien de la vitalité de cette langue.

« Après tant d’efforts et d’acharnement, nous avons réussi à finaliser ce projet qui a exigé la collaboration de nombreuses personnes. Comme vous le savez, la langue Atikamekw est de tradition orale, mais avec le temps, nous avons su développer une orthographe standard avec des lettres de l’alphabet latin moderne. Les dictionnaires seront d’une grande utilité pour la conservation de notre langue », a affirmé Nicole Petiquay, coordonnatrice des services linguistiques atikamekw au CNA.

« En offrant également des définitions en atikamekw, ce dictionnaire est un des premiers dictionnaires de langue autochtone à proposer des définitions unilingues et bilingues », ajoute Marie-Odile Junker, linguiste à l’Université Carleton.

« La langue atikamekw, issue de notre territoire, est notre héritage et elle fait partie de notre identité. Jusqu’à maintenant, nous avons su maintenir sa vitalité et elle est encore, parmi toutes les langues des Premières Nations, une de celles qui sont les plus couramment utilisées. Cependant, plus que jamais, nous devons continuer nos efforts pour la transmettre aux générations futures. Les dictionnaires constitueront des outils formidables en ce sens », a déclaré Constant Awashish, Grand Chef du CNA.

Un travail de longue haleine

Il y a huit ans et demi que le CNA et l’Université Carleton planchent sur ces dictionnaires. Ils sont partis de lexiques et d’un CD-ROM qu’une linguiste avait produits il y a quelques années.

Aux dires de Mme Junker, ce dictionnaire est un des premiers ouvrages de langue autochtone qui possède des définitions en atikamekw.

Une application pourrait suivre puisque d’autres dictionnaires de langue autochtone sont en cours de réalisation. « Pour l’instant, on n’a pas fait « d’app » encore, mais c’est possible, parce qu’on collabore pour un plus grand projet, qui est les dictionnaires algonquiens et on est en train de terminer une « app » pour le dictionnaire innu. Une fois qu’on aura terminé celle-là, on pourrait, si on a le financement, en faire une pour le dictionnaire atikamekw », espère Mme Junker.

Pour le Grand Chef Constant Awashish, la préservation de la langue a toujours été une priorité. « C’est toujours une préoccupation pour nous, les leaders, les aînés, que la langue atikamekw puisse survivre dans le futur. Ça va être un instrument formidable pour permettre aux générations qui viendront de pratiquer, améliorer et perfectionner la langue […] Pour être honnête, il y a toujours un danger. La langue s’est un peu modifiée étant donné qu’on est un peuple nomade qui vivait dans la forêt. C’est un nouveau défi qui s’offre à nous. Les jeunes, la nouvelle génération pourront s’offrir ce défi […] Il y a beaucoup de mots de la forêt qui tendent à s’oublier, je pense qu’en utilisant ce matériel-là, ça va nous permettre de renouer avec ces mots qui sont de moins en moins utilisés », a dit le Grand Chef.

Le CNA faisait savoir que plusieurs exemplaires des dictionnaires ont déjà été commandés par les écoles des communautés. Ils sont disponibles au coût de 55$ chacun. Une version interactive est aussi disponible en ligne.

« C’est une grande journée pour nous, une grande journée pour la nation Atikamekw, beaucoup d’espoir pour la jeunesse », s’est aussi réjoui M. Awashish.

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Louise Houde
Louise Houde
10 mois

J’aimerais m’en procurer un, je m’adresse à quel endroit?

Line Salois
Line Salois
10 mois
Répondre à  Louise Houde

Moi aussi j’aimerais en avoir un