Breen LeBoeuf consacre un spectacle entier à la musique d’Offenbach

CULTURE. Le trifluvien d’adoption -Breen -LeBoeuf présentera une quinzaine de représentations du spectacle -Mes blues passent pu dans porte au cours des prochains mois. Pour la première fois depuis la disparition de -Gerry -Boulet, un membre de la formation originale offre au public un spectacle entièrement consacré au répertoire d’Offenbach.

À 76 ans, le chanteur et bassiste originaire de -North -Bay considère que sa rencontre avec -Gerry -Boulet lorsqu’il a rejoint -Offenbach en 1977 est probablement le moment le plus déterminant de sa carrière.

« -Ce qui m’a convaincu de rester ici, il faut le dire, le public au -Québec est très hot. C’était un énorme changement pour moi, l’appréciation de la musique, le sang latin, je ne sais pas c’est quoi, mais c’est ici que ça se passe pour moi. »

Après dix ans à jouer à -Toronto, il avait été étonné par l’attitude du public lorsqu’il a donné son premier spectacle avec le groupe.

« C’était au club de golf à -Louiseville, dans une salle de 600 personnes où il y avait 800 personnes. Tout le monde était excité avant qu’on joue. J’ai entendu des cris : -Lâche pas, -Gerry ! »

Ne connaissant pas cette expression, il croyait que -Gerry songeait à quitter le groupe et que le public tentait de le convaincre de rester. Son ami l’a rassuré en lui expliquant qu’il s’agissait plutôt d’un encouragement.

« J’aime ça, un encouragement avant qu’on joue, de la part du public. Comme si le public aussi était responsable du party. Ce n’était pas juste à nous autres de tout faire. Comme si le public disait : -On va s’amuser ensemble et nous aussi on va faire notre part. »

La réception du public à la nouvelle série de spectacles pourrait bien être semblable à celle de l’époque, considérant que les succès d’Offenbach, qui datent de plus de 40 ans, sont toujours restés vivants dans le cœur des -Québécois.

« -Ils n’ont pas vieilli. Ils me rajeunissent quand je les chante. »

Un classique

À sa sortie, -Breen -LeBoeuf ne se doutait pas que -Mes blues passent pu dans porte deviendrait un classique que tout le monde connaît et peut fredonner.

« C’est tellement cool. Moi, j’étais juste content de chanter une tune. J’ai fait un deal avec -Gerry en entrant dans le groupe. Je voulais chanter une tune de temps en temps. Quand on l’a composée, ça n’a pas pris une -demi-heure, c’est une chanson qui s’est écrit toute seule. -Celles-là, d’habitude, il y a de quoi. En studio, ça s’est enregistré de la même façon. On l’a laissé comme ça, avec le piano de -Gerry et ma voix. »

Étonnamment, la chanson n’est pas devenue un succès instantanément.

« C’est tellement une surprise de la façon dont la popularité de cette -chanson-là s’est manifestée. À l’époque, on envoyait un 45 tours en promotion dans les radios, face A et face B. Le premier extrait qui sortait pour l’album -Traversion était -Je chante comme un coyote, une bonne tune, solide. Gerry a décidé de mettre -Mes blues passent pu dans porte sur la face B, ce qui normalement veut dire que ça ne marcherait pas à la radio. Quand c’est sorti, les programmateurs radio ont écouté les deux bords du disque et ils ont joué les deux bords. Ça coupait notre temps d’antenne en deux. Ni -Coyote, ni -Mes blues étaient dans le top 10, mais les deux avaient une bonne rotation à la radio. Ç’a fait que les gens les ont connues. 45 ans plus tard, les gens la demandent encore. Ils la chantent avec moi. Et ce n’est pas la seule chanson dans le spectacle qu’ils chantent avec moi. »

Les chansons de -Gerry

Breen -LeBoeuf confie qu’il a abordé avec pudeur et humilité les chansons d’Offenbach popularisées par -Gerry -Boulet.

« J’évitais les tunes que -Gerry chantait. Je ne me permettais pas le droit de les interpréter. Je suis un grand fan de -Gerry -Boulet avec ses merveilleuses interprétations. Quand j’essayais de chanter -Ayoye, que j’adore ou d’autres chansons que -Gerry a popularisées, je n’étais pas satisfait. Je me disais : c’est vraiment ses tunes. Avec les années, j’ai accompagné d’autres chanteurs qui les ont chantées. Je me suis rendu compte que je les traine depuis longtemps : j’étais dans la salle de répétition pour les monter, les arranger, j’ai joué sur les disques. Le plaisir d’interpréter ces -chansons-là, je l’ai connu depuis. »

Restait à trouver la bonne façon de se les approprier.

« -Il fallait que je fasse la paix avec la voix de -Gerry qui me les chante dans l’oreille. -Est-ce que je le laisse en avant ou je le mets sur mon épaule ? C’était ça le processus pour moi. Là, je les chante en pensant à comment lui serait satisfait, et ce qui satisferait -Gerry, ce serait l’intégrité. Il fallait que je sois intègre avec la façon dont j’approchais les chanson. Il fallait que je les habite. Je garde ça comme filon, je n’improvise pas et je ne décale pas de la mélodie des versions de -Gerry jusqu’à ce que je ne puisse pas m’en empêcher. Ça veut dire que c’est vrai. Et là, je m’amuse à faire ça. »

Accompagné de trois musiciens, -Breen -LeBoeuf montera sur la scène du -Complexe culturel -Félix-Leclerc de -La -Tuque le 27 septembre et sur celle du -Théâtre du -Cégep de -Trois-Rivières le 18 octobre.