Baby Shower: une comédie dramatique sur un tabou, présentée à La Tuque
CULTURE. La pièce Baby Shower, écrite et mise en scène par Catherine Côté, sera présentée le 30 avril à 20h à La Tuque. Cette comédie dramatique aborde avec humour et sensibilité le deuil périnatal et les réalités entourant la maternité.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@lechodelatuque.com
La pièce Baby Shower propose une plongée dans l’univers d’un rassemblement festif qui bascule lorsque des tensions, des rivalités et des secrets refont surface. L’histoire suit Anne-Marie, un personnage confronté à une nouvelle fausse couche au moment même où elle organise le baby shower surprise de sa sœur enceinte.
L’autrice et metteure en scène Catherine Côté explique que l’idée du spectacle est née d’expériences vécues dans son entourage, marquées par des fausses couches et un sentiment d’isolement.
“Mon inspiration pour écrire Baby Shower, c’était le fait que j’ai plusieurs amis autour de moi qui ont vécu des fausses couches. J’ai réalisé que le silence et la méconnaissance qui entourent le deuil périnatal nuit au deuil en lui-même. C’est un deuil invisible”, raconte-t-elle.
Selon elle, la pièce vise à ouvrir le dialogue autour d’un sujet encore peu abordé publiquement. Elle rappelle qu’une grossesse sur six se termine par une fausse couche, une réalité qui demeure souvent vécue dans la discrétion.
“Mon objectif, c’était vraiment de briser le tabou avec ce show-là. Faisons attention au langage qu’on utilise parler de la maternité des autres, aux questions qu’on pose. Ce n’est pas tout le monde qui veut des enfants et c’est correct. Peut-être que les gens en veulent mais que c’est super compliqué pour eux. Ils ne parlent pas de leur processus de fertilité, des fausses couches qu’ils ont vécues c’est super intime et c’est correct s’ils ne veulent pas en parler. Si on ne sait pas quoi dire, disons rien, ce n’est pas grave”,
suggère-t-elle.
La mise en scène repose sur une alternance entre les scènes de groupe du baby shower et des moments plus intimes, notamment lors de séances de thérapie vécues par le personnage principal. Cette structure permet de montrer différentes facettes de la maternité et du vécu émotionnel des personnages.
“Le spectacle alterne entre les scènes de groupe du Baby Shower, puis les séances de thérapie du personnage principal qui vit son deuil périnatal petit à petit avec son psychologue. (…) Je pense que c’est super touchant aussi de voir l’évolution psychologique du personnage principal face à son deuil périnatal”, explique la metteuse en scène.
La scénographie met en parallèle deux espaces distincts, le salon, où se déroulent les interactions sociales, et la salle de bain, lieu d’intimité où les personnages révèlent leurs vulnérabilités.
“Chaque personnage, à un moment, va aller dans la salle de bain seul. C’est là qu’on va avoir accès à leur intimité, à leur vulnérabilité”, mentionne Catherine Coté.
Malgré la sensibilité du sujet, la créatrice souligne que l’humour occupe une place importante dans la pièce, permettant d’équilibrer les moments plus émotifs. “Je pense que les gens peuvent s’attendre à rire et aussi, bien sûr, à être touchés”, promet-elle.
Le spectacle aborde également la rivalité entre femmes et l’importance de la solidarité féminine, tout en présentant une diversité de réalités liées à la maternité, allant du postpartum à l’avortement.
Au fil des représentations précédentes, la production a suscité des réactions marquées auprès du public, notamment chez des personnes ayant vécu un deuil périnatal.
“Les échos qu’on a, c’est: “Merci, ça m’a fait du bien, puis vous avez tout compris.”
Accessible à un large public, la pièce se veut aussi une invitation à la réflexion collective sur les attentes sociales entourant la maternité et les relations entre femmes.
“N’hésitez pas à venir voir le show. Même si vous allez moins au théâtre, vous connaissez moins ça, le spectacle est super accessible. Tout le monde a du fun. On rit, on est touché”, conclut-elle.
