Un nouvel élan pour les aînés à la Ruche d’art Kokomino de Wemotaci

WEMOTACI.  Bonne nouvelle pour la communauté atikamekw de Wemotaci: la Ruche d’art Kokomino pourra compter sur un appui financier de 149 824$ du gouvernement du Québec pour déployer son projet “Kokom: au centre du cercle”, une initiative qui place les aînés au cœur de la vie communautaire.

Fondée à partir d’une initiative citoyenne en 2019, la Ruche d’art Kokomino s’est progressivement imposée comme un lieu rassembleur au sein de la communauté. D’abord portée par des activités artistiques et des projets de jardinage collectif, l’organisation a officiellement obtenu son statut d’organisme à but non lucratif autochtone en 2022.

“Une ruche d’art, c’est avant tout un espace pour créer, mais aussi pour tisser des liens”, explique la directrice générale Nori Cadorette Sirois. “L’art devient un prétexte pour rassembler les gens, dans un lieu chaleureux et accessible.”

Au fil des années, l’organisme a diversifié ses activités, intégrant notamment des projets de potagers communautaires, des ateliers éducatifs et des initiatives en sécurité alimentaire. Ces actions visent toutes un même objectif: favoriser l’autonomisation et l’épanouissement des membres de la communauté, jeunes et moins jeunes.

Un lieu pour briser l’isolement

Avec “Kokom : au centre du cercle”, la Ruche souhaite répondre à un besoin bien réel: offrir aux aînés un espace pour se retrouver régulièrement. À Wemotaci, aucun lieu n’était jusqu’ici dédié à ces rencontres informelles.

Le projet prévoit l’aménagement d’un espace convivial ouvert trois jours par semaine, où les aînés pourront socialiser librement, participer à des activités ou simplement partager un moment autour d’un café.

“Les Kokom, les grands-mères, ont toujours été au cœur de la communauté. Ce sont elles qui ont porté la Ruche dès le début”, souligne Mme Cadorette Sirois. “C’était important pour nous de créer un lieu qui leur est dédié.”

Les activités sont diversifiées à la Ruche d’art Kokomino de Wemotaci. (Photo courtoisie)

Transmission des savoirs et échanges intergénérationnels

Au-delà de la socialisation, le projet mise sur la transmission des savoirs. Couture, tissage, broderie et cuisine feront partie des activités proposées. Les jeunes seront également invités à y participer, favorisant ainsi les échanges entre générations.

Cette approche s’inscrit dans la mission même de la Ruche, qui valorise l’éducation populaire, la créativité et l’esprit de communauté. “On veut que les connaissances circulent, que les jeunes apprennent des aînés, et vice versa”, indique la directrice.

Certaines créations pourraient même être mises en valeur dans une optique entrepreneuriale. Les artisanes auront accès à des équipements et à un espace de travail pour produire et vendre leurs œuvres, notamment lors des marchés estivaux ou du marché de Noël de la communauté.

Un aménagement pensé avec les aînés

Le financement permettra également de transformer le local actuel pour le rendre plus accueillant et fonctionnel. L’aménagement sera réalisé en collaboration avec les aînés afin de répondre à leurs besoins: mobilier confortable, grandes tables de travail, espaces de rangement et coin café convivial.

“On veut que ce soit un endroit où les gens ont envie de rester, de jaser, de créer”, résume Mme Cadorette Sirois.

Des repas collectifs seront aussi organisés, contribuant à renforcer les liens et à briser l’isolement. “Partager un repas, c’est souvent là que les plus beaux échanges se font”, ajoute-t-elle.

Un projet ancré dans une vision globale

“Kokom : au centre du cercle” s’inscrit dans une vision plus large portée par la Ruche d’art Kokomino: celle d’un espace vivant, inclusif et collaboratif où l’art, la nourriture et le dialogue deviennent des leviers de développement communautaire.

Depuis ses débuts, l’organisme mise sur des initiatives concrètes pour rapprocher les gens, que ce soit par le jardinage, les ateliers éducatifs ou les activités culturelles. Et si les défis de financement demeurent, l’équipe continue de faire preuve de créativité pour maintenir ses services.

“Chaque projet qu’on met en place, c’est une façon de renforcer le tissu social de la communauté”, conclut la directrice. “Et avec celui-ci, on remet les aînés au centre du cercle, là où ils ont toujours été.”