Un demi-siècle de bonne bouffe et de camaraderie

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Par Michel Scarpino
Un demi-siècle de bonne bouffe et de camaraderie
Les membres appuient toujours des causes locales comme celle du Superbowl de la Brass7 du Coin. Ils servent aussi le repas, en mai, à l’occasion de l’annuel souper aux homards de la Brass7 qui accueille 150 convives. (Photo : Michel Scarpino)

Près d’un demi-siècle après leur arrivée, les Francs-Gourmets de La Tuque sont toujours aussi actifs. Le groupe de plus de 25 membres s’apprête à célébrer cet important anniversaire en se rappelant l’histoire, mais aussi en étant tourné vers l’avenir.

Actuellement, 25 membres se réunissent chaque deux semaines, dans différents établissements dans des buts gastronomique et social. «Ce sont des gens de toutes les couches de la société», remarque le président, Michel Pronovost qui anime chaque repas avec l’enthousiasme qu’on lui connaît.

«Les cuisiniers vont nous surprendre en faisant quelque chose de spécial, qui ne se retrouvera pas nécessairement sur le menu de leur restaurant». À part pour des questions d’allergie, les Francs Gourmets ne sont jamais prévenus de ce qu’ils vont goûter. «Il faut être ouvert d’esprit, c’est sûr. Mais jusqu’à maintenant, ça a toujours été très agréable. On a toujours pris d’excellents repas, à des prix modiques», ajoute-t-il. Le coût des repas ne dépassera jamais 30$.

Bonne bouffe, bons amis

Au début des années 70, Vic Croteau, Paulo Aubut, René Hamel et Ben Girard souhaitaient réunir quelques amis autour d’un bon repas et jaser, de façon régulière. Serge Gauvin, seul membre fondateur encore actif, se rappelle très bien cette époque où il y avait des soupers chaque semaine. Les premières années d’existence des Francs Gourmets se sont déroulées au Club Latuquois.

Claude Dufresne, le proprio de la Pâtisserie France, se chargeait de nourrir tout ce monde avec originalité. «On lui demandait n’importe quoi et il le faisait. Il avait toujours une bonne sauce à servir avec le repas, si, des fois, ce n’était pas bon, rigole M. Gauvin. Mais c’était toujours bon».

Les membres se souviennent avoir mangé du requin, de l’ours, du loup-cervier, du lynx, du crocodile, du kangourou, du zébu, de la pieuvre, du chameau. «Les gars ne savaient absolument pas ce qu’ils mangeaient. Ils l’apprenaient à la fin du repas. C’est ce qui fait qu’on a mangé des amourettes de bœuf, de la cervelle de veau, toutes sortes de choses impossibles», confie Raymond Pelletier.

Il y avait dans les premières années entre 20 et 25 membres. Puis, dans le tournant des années 90, les Francs Gourmets en comptaient 255. C’était le cas lors de l’année de présidence de Claude Bujold, toujours membre.

Lors d’un souper, il y avait tellement de monde, qu’aucune salle n’avait la capacité de les accueillir. «On a été obligé de le faire sur le mail, au centre d’achats», témoigne Serge Gauvin.

Quelques membres des premières années s’y impliquent avec autant d’ardeur, dont André Harvey. «C’est mon bras droit, ne cache pas Michel Pronovost. Il fait tout un travail. Il va voir les restaurateurs et voit à ce qu’on mange de bons repas».

«La camaraderie, le côté social, c’est vraiment plaisant. Beaucoup d’amis se connaissent depuis leur enfance», fait observer André Harvey.  On s’en doute, les taquineries et les anecdotes sont monnaie courante. Seule restriction, on n’a droit qu’à une minute par souper pour parler de politique. «On ne veut pas être politisé ou être associé à un parti politique», insiste le président. Depuis toujours, c’est un club réservé aux hommes, bien que, quelques fois par année, des soupers mixtes sont présentés.

On a longtemps vu les Francs Gourmets cuisiner le fameux bœuf à la broche, servi le jeudi soir dans le cadre du Festival de chasse. Toute la journée, le bœuf cuisait près de la «cabane du braconnier» et il fallait alimenter le feu. C’était du sérieux. Entre 35 et 40 Francs Gourmets veillaient à ce que le repas soit impeccable. «La cabane était toujours pleine. Alors, il fallait faire sortir du monde, pour pouvoir en faire asseoir d’autres, car on manquait de place», évoque Serge Gauvin.

Un demi-siècle

En marge du 50e anniversaire qui arrivera rapidement, un appel est lancé pour accueillir des nouveaux membres qui voudraient se greffer au groupe festif. Et, pourquoi pas, les anciens qui souhaitent revenir sont les bienvenus. Tout ce monde peut donner des suggestions pour l’organisation des festivités du demi-siècle des Francs Gourmets. «Les gens peuvent venir comme invités, pour une fois et s’ils aiment ça, prendre leur carte de membre, au coût de 20 $», fait savoir le président.

Formule unique

La formule du club des Francs Gourmets est vraiment unique à La Tuque. On a bien tenté d’exporter une cellule à Grand-Mère, il y a quelques années, mais ça n’a pas fonctionné. Avec les nouvelles lois, c’est devenu plus difficile de servir de la viande exotique, compte tenu des coûts que ça implique. Qu’à cela ne tienne, ça n’empêche pas les traiteurs d’être originaux et de surprendre les membres des Francs Gourmets. «On est choyé. Les restaurateurs de La Tuque nous font des bons repas», conclut Michel Pronovost.

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