Manon Côté: une gestionnaire de cœur au service de son “petit village”
LA TUQUE. À la résidence pour aînés Les Bâtisseurs de La Tuque, Manon Côté ne parle jamais simplement d’un immeuble, d’un milieu de travail ou d’un établissement. Pour elle, c’est un village. Un endroit où vivent et travaillent plus de 200 personnes, où la vie quotidienne se mêle aux grands moments d’émotion, et où l’humain reste toujours au centre.
“Moi, j’appelle ça mon petit Lac-Édouard”, lance-t-elle en souriant.
Originaire de cette petite communauté, Manon Côté n’a jamais oublié ses racines. Aujourd’hui, à la tête de la résidence depuis près de huit ans, elle veille sur 147 résidents et près de 50 employés comme sur une véritable collectivité.
Un pari inattendu
Rien ne destinait pourtant la gestionnaire à se retrouver dans le milieu des résidences pour personnes âgées.
Diplômée en marketing et formée en développement économique local, elle a longtemps évolué dans ce domaine. Conseillère à la SADC, employée à la Banque Nationale, puis directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Saint-Maurice pendant huit ans, elle a toujours gravité autour du développement économique régional.
Elle arrive en février 2018, six mois avant l’ouverture officielle, comme conseillère en location. L’aventure ne fait alors que commencer.
Une implication totale
Au moment d’entamer ce nouveau défi, Manon Côté occupe aussi un poste de conseillère municipale. Pendant un an et demi, elle tente de concilier les deux responsabilités.
Mais rapidement, la réalité s’impose.
“Quand je me donne, je me donne. À un moment donné, je ne pouvais pas être directrice générale à 100 % et élue en même temps.”
Elle choisit donc de se consacrer pleinement à la résidence, un milieu qui lui réserve rapidement son lot de défis.
Durant la pandémie, l’établissement traverse huit éclosions de COVID-19.
“Quand il y a une éclosion, c’est du 24 heures sur 24. Pendant trois ans, j’ai été presque cloîtrée ici”, raconte-t-elle.
Une gestionnaire de terrain
Aujourd’hui, la résidence fonctionne à pleine capacité et affiche même des listes d’attente.
Manon Côté supervise une équipe d’environ 45 à 50 employés répartis dans plusieurs secteurs: les soins, la cuisine et la salle à manger, l’entretien ménager, la maintenance, les loisirs et l’administration.
Et elle ne se contente pas d’observer à distance.
“Un 31 décembre à 22 h, j’ai changé des culottes d’incontinence parce qu’il manquait de personnel”, raconte-t-elle. ” J’ai servi des repas, fait la vaisselle… Quand tu comprends le travail de tes employés, tu gagnes leur crédibilité.”
Cette proximité fait partie intégrante de sa philosophie de gestion.
Un milieu de vie
Pour Manon Côté, une résidence pour aînés ne doit pas être perçue comme une simple ressource d’hébergement.
“On est un milieu de vie”, insiste-t-elle. “Nous, on les accompagne dans tout ça. On veut que le bout de vie qu’il leur reste soit beau.”
Les activités, les repas partagés, les discussions dans les corridors et même les petites fêtes improvisées font partie du quotidien.
“On danse avec eux, on fait des cocktails, on rit beaucoup.”
Une expertise reconnue
Au fil des ans, l’expérience de la directrice générale lui a valu une reconnaissance à l’échelle du groupe Les Bâtisseurs, qui compte aujourd’hui 26 résidences au Québec.
Elle participe à la formation de nouveaux directeurs généraux et agit régulièrement comme personne-ressource pour plusieurs dossiers.
Depuis plus de cinq ans, elle occupe aussi un rôle provincial auprès des responsables des loisirs des différentes résidences.
“On se rencontre en visioconférence toutes les deux semaines pour partager nos idées et améliorer les activités pour les résidents”, explique-t-elle.
Retour à ses premières amours
Après les années intenses de la pandémie, Manon Côté a également ressenti le besoin de renouer avec une autre passion: le développement économique.
Elle est donc revenue à la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Saint-Maurice comme administratrice, avant d’en devenir la présidente.
Elle occupe ce poste depuis un an.
“J’aime savoir ce qui se passe et m’impliquer. L’économie de notre territoire, ça me tient à cœur.”
Une vocation profondément humaine
Malgré toutes ses responsabilités, c’est l’aspect humain du travail qui demeure sa principale source de motivation.
Dans une résidence pour aînés, la vie et la mort se côtoient constamment.
“Demain matin, je peux entrer dans un appartement et apprendre qu’un résident est décédé. On accompagne la famille, on vit ça avec eux. C’est paradoxal, mais où il y a de la mort il y a de la vie.”
Mais ces moments difficiles rappellent aussi l’importance de chaque instant partagé.
“C’est le plus beau métier du monde parce qu’il est humain”, affirme-t-elle.
Et dans ce “petit village” qu’elle dirige depuis bientôt huit ans, Manon Côté continue chaque jour de faire ce qu’elle aime le plus: prendre soin des gens.
