Le tatouage du point-virgule pour la prévention du suicide à Wemotaci

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Par Michel Scarpino
Le tatouage du point-virgule pour la prévention du suicide à Wemotaci

PRÉVENTION. La tatoueuse Julie Orphanos a fait œuvre utile, mardi en ralliant les résidents de la communauté de Wemotaci à la cause de la promotion de la vie.

Dans le cadre de la semaine de prévention du suicide, elle s’est rendue à Wemotaci afin de tatouer des gens du point-virgule. Ce symbole, sur le poignet, diffuse un message universel visant à redonner l’espoir à des gens vivant la dépression, la toxicomanie ou en proie à des idées suicidaires.

Ainsi, grâce à son œuvre, 67 personnes de la communauté portent le point-virgule.

Le signe de ponctuation réfère au fait qu’une personne aurait pu choisir de mettre fin à sa phrase, mais ne l’a pas fait et a plutôt opté pour prendre une pause et continuer. Il est porté comme symbole d’espoir et de courage.

En plus de la notion de sensibilisation à la promotion de la vie, cette soirée de tatouage a permis de remettre un montant de 870$ à la Maison des jeunes de Wemotaci. «Habituellement, elle remet la moitié de ses recettes à un organisme de prévention du suicide, mais vu on n’en a pas ici, elle a suggéré de les donner à la Maison des jeunes, qui effectue des activités de sensibilisation», explique la conseillère Alexandra Awashish, responsable du dossier de la jeunesse au Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

«Ça touche beaucoup de personnes», dit Jean-Pierre Pétiquay, responsable de la sécurité publique au conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Alexandra Awashish estime en avoir touché le triple de personnes tatouées, puisqu’elles étaient toutes accompagnées par quelques personnes.

L’expérience a été touchante : «Des jeunes ont été tatoués, mais aussi des parents, car il y a des parents qui ont accompagné leurs jeunes qui ont vécu des idéations suicidaires, pour être solidaires et pour leur dire : n’oublie pas, je suis toujours là», exprimait aussi Mme Awashish.

Depuis mardi, une dame porte le point-virgule avec les initiales de sa sœur, qui s’est enlevé la vie, il y a une vingtaine d’années, alors qu’elle était victime d’intimidation.

«Dans chaque tatouage, il y a des particularités et j’ai trouvé ça très spécial, assez que j’en avais les larmes aux yeux en lisant les histoires sur Facebook», a aussi évoqué Mme Awashish.

Sur sa page Facebook, Julie Orphanos soulignait d’ailleurs que c’est à Wemotaci qu’elle a effectué son 1000e tatouage du symbole à travers le Québec.

C’était la première fois qu’une telle activité se déroulait à Wemotaci : «Il y a même des gens de La Tuque qui sont venus», signale Alexandra Awashish. Il n’est pas impossible que Julie Orphanos revienne à Wemotaci, au mois de mars : «Il a fallu refuser des gens».

L’événement était chapeauté par la Maison de jeunes, en collaboration avec les services sociaux et en santé mentale du conseil des Atikamekw de Wemotaci. Jackie Basile mobilisatrice communautaire est l’instigatrice de ce projet.

Institué aux États-Unis en 2013, «Projet Semicolon» (point-virgule) est voué selon Wikipedia  «à présenter l’espoir et l’amour pour ceux qui luttent contre la maladie mentale, le suicide, la toxicomanie et l’automutilation».

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