Le Centre Sakihikan : utiliser le multimédia pour rapprocher les peuples

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Par Michel Scarpino
Le Centre Sakihikan : utiliser le multimédia pour rapprocher les peuples
La réalité virtuelle est une des intéressantes nouveautés du centre Sakihikan

TOURISME. Avec son centre Sakihikan, situé aux abords du lac Saint-Louis de La Tuque, la Haute-Mauricie vient dire aux visiteurs de tout le Québec qu’ils ont toutes les raisons du monde de s’y arrêter.

L’amphithéâtre naturel va revivre, lui qui a connu ses heures de gloire dans les années 60 et 70, à l’époque des 24 heures de nage de La Tuque.

Le coup d’envoi est effectué aujourd’hui , lors de la Fête nationale des autochtones. L’innovatrice présentation vidéo sur écran d’eau de l’été dernier avait fait sensation : le concept sera utilisé pour des événements multimédias tout au long de l’été.  «C’est un nouveau projet, on va présenter les trois premières saisons atikamekw et vont suivre les trois prochaines saisons, sous un autre vidéo. Tout au long de l’été, on va voir des projections », fait savoir Pamella Renaud coordonnatrice du centre Sakihikan.

D’ailleurs aujourd’hui, une pléiade d’activités se poursuivent.

Jusqu’à 16h, les activités pour la famille sont prévues avec course à obstacle, initiation express au Paddleboard. À 19h, une cérémonie d’hommage aux femmes autochtone aura lieu. À 20h, hommage aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées avec un spectacle de l’artiste de Wemotaci Laura Niquay.

On entendra un chant d’honneur avec Nikan et Myrann à 20h30 et le tant attendu spectacle son et lumière sur l’écran d’eau sera projeté à 21h00. DJ KXO sera en prestation par la suite.

Ces projections seront effectuées sur l’écran d’eau, au centre du lac. Les équipements ont été acquis par le Centre d’amitié autochtone de La Tuque. Ceux qui avaient été conquis par le spectacle multimédia lors de l’ouverture du centre Sakihikan au début septembre dernier, en auront encore plein les yeux et les oreilles. On veut en faire un gros spectacle communautaire.

Même chose pour l’implication du centre Sakihikan : un plateau de travail est formé et ses membres auront une formation technique pour apprendre le fonctionnement de cet écran d’eau qui avait fait tourner tellement de têtes l’été dernier. Cette présentation sera diffusée trois fois par soir, trois soirs par semaine, les mercredis, vendredis et samedis, à la tombée du jour, jusqu’en octobre. «Il y aura toujours quelque chose pour les touristes, les passants», remarque Laurianne Petiquay, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT), l’organisme responsable du centre Sakihikan.

«C’est le début de notre projet qui va grossir», envisage Mme Renaud.

À preuve, on verra le lancement, le 21 juin, d’une activité de réalité virtuelle dans une salle du centre Sakihikan. Assis autour de tambours, avec des lunettes spéciales, les participants pourront vivre la réalité d’un pow-wow de Wemotaci. Une expérience éducative qui sera présentée en permanence : «C’est vraiment immersif, avec le son. Ça raconte aussi ce que c’est, le pow-wow», annonce Pamella Renaud.

«Ça permet de faire la promotion du pow-wow», enchaîne Laurianne Petiquay, qui ajoute que chaque année le CAALT organise un autobus pour s’y rendre.

Laurianne Pétiquay et Pamella Renaud, devant le centre Sakihikan.

«Le centre va permettre aux touristes qui sont de passage, mais qui ne veulent pas faire la route jusqu’à Wemotaci de vraiment vivre une immersion totale du pow-pow et de le vivre», pense Pascale Gilbert, chargée de projets en mobilisation au CAALT.

Aussi, au cours de la saison estivale, trois soirs par semaine, on verra au centre du lac Saint-Louis des présentations multimédias, en français et en atikamekw.

Le mardi soir, en partenariat avec Ville de La Tuque, il sera possible d’assister à des présentations de films en plein air, sur le site du lac Saint-Louis.

L’ exposition «Regalia», en juillet, tout le tour du lac Saint-Louis, portera sur les danseurs traditionnels atikamekw et leurs impressionnants costumes.

Le camp de jour des migrateurs du CAALT pour les 6 à 12 ans, tant à l’intention des jeunes autochtone qu’allochtones, déménagera ses pénates dans le décor enchanteur du centre Sakihikan.

Il y a bon nombre de nouveautés qui seront éventuellement présentées, dont la location de cannes à pêche et d’embarcations.

«On veut que les gens l’utilisent à l’année. Les saisons changent et c’est comme si le décor changeait aussi», s’enthousiasme Laurianne Petiquay.

Cela, avec, en toile de fond, le fait que l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2019 «Année internationale des langues autochtones», une année qui coïncide avec le 45e anniversaire du CAALT.

Cela vient rejoindre la vision du maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, qui identifiait le Centre Sakihikan, comme l’un des trois pôles touristiques de la ville.

Le centre Sakihikan

Le centre Sakihikan est un projet d’économie sociale du CAALT. L’organisme a mis en branle ce projet en 2015 dans le but de doter la région d’un lieu de partage et d’échange.  L’édifice, auparavant connu sous l’appellation 0-100-20, a jadis été le théâtre des 24 heures de nage, dans le lac Saint-Louis, une compétition mondiale présentée dans les années 60 et 70.

«Des citoyens étaient inquiets quand ils ont vu qu’on démolissait certaines parties de la bâtisse. Mais on leur a expliqué qu’on y faisait un projet d’économie sociale (…) mais quand on a préparé notre journée portes ouvertes, l’année passée, on s’est vraiment rendu compte que les gens l’attendaient, autant les autochtones que les allochtones, jeunes ou moins jeunes. On a eu beaucoup de bons commentaires. Tout le monde venait nous raconter leurs souvenirs ici», a noté Lauriane Petiquay.

Voué à l’économie sociale, le centre Sakihikan va toucher l’employabilité, le côté sociocommunautaire, de même que l’identité culturelle et le rapprochement des peuples.

«Le centre est ouvert à tous», insiste Pamella Renaud. Un des défis sera de le développer, dans l’optique que tant les autochtones que les non-autochtones puissent se l’approprier.

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