Zones inondables: l’attente commence à faire des vagues
L’attente des nouvelles cartes gouvernementales des zones inondables commence à peser lourd sur certains propriétaires du secteur de la rivière Croche. Alors qu’une pétition d’environ 25 signataires réclame un assouplissement des restrictions imposées localement, l’agglomération de La Tuque demande maintenant à Québec d’accélérer la production de ses cartes.
Le conseil a adopté une résolution demandant au ministère de l’Environnement d’accélérer la production, la validation et la diffusion de la nouvelle cartographie, mais aussi de rendre public un échéancier et de transmettre aux municipalités les informations préliminaires disponibles.
La Ville soutient que l’absence de cartes définitives entretient l’incertitude pour les propriétaires et peut retarder des projets de construction, de rénovation ou de développement. La rivière Croche fait l’objet d’une attention particulière en raison de son caractère « mobile », son lit pouvant évoluer avec le temps.
Dans l’attente du nouveau cadre gouvernemental, La Tuque a adopté un règlement de contrôle intérimaire qui limite fortement le développement dans certains secteurs. Une mesure que le maire Pierre Pacarar reconnaît lui-même comme contraignante.
« On comprend que c’est vraiment pénible pour les gens qui sont affectés par ce règlement-là », a-t-il soutenu, ajoutant que la Ville avait néanmoins « choisi d’être prudente » après avoir demandé conseil à des experts de la Fédération québécoise des municipalités. Selon lui, autoriser des constructions qui se retrouveraient ensuite dans une zone jugée à risque pourrait éventuellement exposer la municipalité et l’ensemble des contribuables à des conséquences importantes.
Cette prudence ne convainc toutefois pas tous les citoyens concernés.
Un résident du secteur, Tommy Leclerc, a rappelé que les restrictions actuelles découlent d’une décision municipale prise avant la publication des nouvelles cartes provinciales.
« C’est le conseil municipal présentement qui empêche les gens de se construire. C’est pas le gouvernement. Le gouvernement, il n’a rien sorti », a-t-il lancé.
Il cite notamment le cas d’un propriétaire qui se serait vu refuser l’aménagement d’une piscine creusée. Les citoyens craignent également les effets de l’incertitude sur la valeur et la possibilité de vendre certaines propriétés. Ces inquiétudes ont mené au dépôt d’une pétition demandant une révision du règlement dans deux secteurs.
La Ville ne prévoit toutefois pas lever les restrictions avant d’obtenir des indications plus précises de Québec. Le maire affirme que des cartes avaient été annoncées pour la fin de 2025 ou le début de 2026 et se dit maintenant insatisfait des délais.
« Ou bien […] ils les ont faites et ils ne veulent pas les sortir […] ou bien ils ne les ont pas faites. Les deux réponses ne sont pas bonnes », a-t-il résumé lors des échanges avec les citoyens.
