Une réouverture graduelle pour les restaurants à La Tuque

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Par Michel Scarpino
Une réouverture graduelle pour les restaurants à La Tuque
(Photo : archives)

A La Tuque, rares sont les restaurants qui ont ouvert immédiatement leurs portes dès le feu vert du 8 mars. Certaines salles à manger ouvriront graduellement à partir de demain mercredi, alors que d’autres attendront à la semaine prochaine. Plusieurs restaurateurs doivent gérer autant l’approvisionnement en nourriture que le recrutement de personnel, ce qui est loin d’être une sinécure.

Rencontres avec quatre d’entre eux.

Pour Luce Allard, propriétaire du Biztro de la rue Commerciale, le fait de recevoir bon nombre de messages sur la page Facebook de son commerce de clients impatients d’y retourner fait chaud au cœur.

Mais au-delà de tout ça, il faudra trouver du personnel et s’assurer d’un approvisionnement adéquat en nourriture. Sous toute réserve, elle ne prévoit pas la réouverture de son établissement avant au moins le milieu de la semaine prochaine, si l’approvisionnement en nourriture est suffisant.

«Ils veulent qu’on emplisse nos frigidaires, mais je trouvais que c’était trop tôt pour ouvrir tout de suite après la semaine de relâche. S’il arrive une troisième vague, ils vont nous dire de refermer ?», s’inquiète-t-elle.

Et puisque le commerce est fermé depuis plusieurs mois, on doit impérativement prendre le temps de tout nettoyer avant d’accueillir les clients.

«Les gens s’ennuient de leurs restaurants. À La Tuque, on aime ça, sortir, aller prendre une bière, parler aux gens», fait remarquer Mme Allard, qui proposera un menu adapté pour le départ.

«On a moins de tables de disponibles», fait ressortir Danielle Pinette, du restaurant Italia Pizzeria, qui souligne les mêmes enjeux. Les fervents de la pizza de ce restaurant pourront profiter à nouveau de la salle à manger qui ouvrira demain, mais on devra fermer deux jours par semaine, les lundis et mardis parce qu’on manque de personnel là aussi.

Un des propriétaires du restaurant Stratos, Michel Simard, confiait qu’on a profité de cette fermeture forcée pour apporter des travaux d’importance au commerce. Des travaux de plastrage sont en cours et dès qu’ils seront terminés, une partie de la salle à manger ouvrira, dès la semaine prochaine.

Comme d’autres établissements, il cherche du personnel en cuisine. Cet enjeu majeur avait d’ailleurs forcé l’établissement à fermer, lui aussi, deux jours par semaine avant la mise en zone rouge, l’automne dernier, pour permettre au personnel de souffler un peu. M. Simard faisait remarquer que pendant tous ces mois de fermeture de la salle à manger, les clients sont demeurés fidèles à son service de livraison.

Après avoir ouvert son département de boucherie, Patrick Moisan du restaurant le Boké se prépare à l’ouverture de sa boutique gourmande, le mercredi 17 mars. Il offre même un menu cabane à sucre pour emporter et sur livraison, les 19 et 20 mars, comme il l’avait fait l’année dernière. Mais il ne veut pas se prononcer de façon formelle sur la date de réouverture de la salle à manger, avant d’avoir en main les ingrédients pour préparer les plats qu’il proposera à son menu : «Le nerf de la guerre est de réussir à avoir tout à portée de la main pour établir notre menu».

Le fait de devoir réserver sa place pour accéder à la salle à manger ne l’inquiète pas, puisque 80% de sa clientèle le faisait déjà auparavant.

Déjà aux prises avec une pénurie de personnel, M. Moisan fait remarquer que la pandémie et la fermeture forcée l’ont aggravée. «Il y a des gens qui se sont replacés ailleurs, ça crée un stress additionnel sur le réseau. On va contrôler le flot de clients pour s’assurer que ceux qui sont en place aient un bon service», se promet le restaurateur.

Pour souligner la réouverture des restaurants, S’Offrir La Tuque a enregistré une forte participation à son concours sur Facebook où on invitait les internautes à dire dans quel restaurant latuquois ils auront envie d’aller manger et ce qu’ils commanderont. Deux chèques cadeaux de 100$ sont attribués parmi toutes les personnes qui participent. Cette bonne participation est perçue comme une bonne tape dans le dos pour l’industrie locale de la restauration, qui a passablement souffert de ces mois moins actifs.

Rappelons que parmi les règlements régissant l’ouverture des restaurants, la réservation est obligatoire, sauf pour la restauration rapide. Un registre de la clientèle doit être tenu. De plus, on ne peut pas recevoir des clients provenant d’une zone rouge, et pendant les heures de couvre-feu, seule la livraison demeure possible. Chose certaine, ce retour à la vie normale fait du bien, d’autant plus qu’il coïncide avec une diminution du nombre de cas de la COVID-19.

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