Une nouvelle stratégie végétale au centre-ville de La Tuque
VERDISSEMENT. Le centre-ville de La Tuque amorce cet été un virage en matière d’horticulture urbaine avec un projet pilote misant sur des végétaux durables, esthétiques et mieux adaptés aux enjeux environnementaux.
En remplacement des fleurs annuelles habituellement utilisées, la municipalité a choisi d’implanter des plantes vivaces, des petits conifères et même des arbres en pot dans une volonté de gestion plus responsable.
Cette initiative s’inscrit dans le renouvellement de l’image de marque de la Ville et s’appuie sur des pratiques éprouvées ailleurs au Québec. “L’idée est d’avoir un centre-ville plus attrayant tout en posant des gestes concrets pour l’environnement”, indique la municipalité. Les végétaux ont été choisis pour leur robustesse, leur floraison échelonnée durant la saison estivale et leur capacité à être récupérés d’année en année.
Pour accompagner cette transition, la Ville a fait appel à Émilie Secours, conseillère spécialisée en horticulture urbaine et au verdissement, dont l’expérience dans des projets innovants à Montréal a suscité l’intérêt de l’administration latuquoise. “Mon rôle a été de concevoir des aménagements qui répondent aux besoins esthétiques et environnementaux de la Ville, tout en intégrant des végétaux durables, adaptés à la rigueur du climat local”, explique Mme Secours.
Le projet prévoit l’installation de bacs de plantation avec une sélection végétale rigoureusement pensée pour la zone de rusticité 3B. “À La Tuque, on est en zone 3B, donc il fallait faire des choix très précis. Ce sont des plantes que j’ai testées en conditions urbaines difficiles et qui résistent bien au froid, à la sécheresse et à la chaleur sur les surfaces bétonnées”, souligne la spécialiste. Les teintes choisies s’harmonisent avec la nouvelle image de marque municipale, inspirée de l’identité “ville-forêt”.
L’idée d’utiliser davantage de vivaces vise à réduire les déchets horticoles et à favoriser un entretien plus réfléchi et durable. “Le fait de ne pas jeter des plantes chaque année, mais d’en avoir qui reviennent toutes seules, ça sauve des coûts et ça réduit le transport. C’est un impact direct sur l’environnement”, insiste-t-elle.
Une escouade verte composée d’étudiants assurera l’entretien des végétaux. Mme Secours a formé cette équipe aux meilleures pratiques d’entretien, y compris l’usage d’engrais naturels et l’application de techniques de plantation éprouvées. “On a planté ensemble, ils ont appris à faire de bonnes plantations. J’ai aussi donné des conseils sur l’entretien et sur l’usage d’engrais naturels, combinés à un peu de fertilisants chimiques à diffusion lente. Finalement, l’entretien sera la clé pour assurer la santé des végétaux et la réussite du projet”, mentionne-t-elle.
Le projet intègre également des arbres en pot en façade de la gare, en remplacement de blocs de béton. Cette initiative, inspirée de pratiques observées au Quartier des spectacles à Montréal, pourrait être étendue à d’autres secteurs du centre-ville l’an prochain. “C’est une belle alternative pour verdir des espaces très minéralisés”, souligne la conseillère, qui voit dans ce type de projet un laboratoire vivant.
Des panneaux explicatifs seront aussi installés pour sensibiliser les citoyens au choix des plantes et aux enjeux liés au verdissement urbain. Si les résultats sont positifs, une phase 2 pourrait voir le jour dès l’année suivante. “C’est un pas important vers une approche plus durable du verdissement urbain, même pour une ville entourée de forêts comme La Tuque. Si les gens sont curieux et posent des questions, tout le monde en bénéficie. Il faut en parler, c’est comme ça qu’on s’assure du succès”, conclut Mme Secours.
