Une entente ratifiée par trois organismes Atikamekw de la Mauricie

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Une entente ratifiée par trois organismes Atikamekw de la Mauricie
L’Entente de collaboration mutuelle a été signée lors d’une cérémonie tenue à La Tuque le 18 mai. (Photo : Courtoisie )

Les Centres d’amitié autochtone de La Tuque et de Trois-Rivières et le Conseil des Atikamekw de Wemotaci ont signé le 18 mai dernier une Entente de collaboration mutuelle.

L’Entente mutuelle vise à assurer une plus grande complémentarité des services offerts aux membres de la communauté Atikamekw dans la région et une meilleure collaboration entre les différentes organisations. L’Entente mutuelle a été rédigée en français et en Atikamekw.

Les trois parties ont scellé l’Entente mutuelle lors d’une d’une cérémonie qui s’est tenue au Centre Sakihikan, à La Tuque. Pour François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci, « cette entente est un pas dans la bonne direction, pour le bien de nos membres en milieu urbain et pour lesquels nous souhaitons déployer les meilleurs services possibles ».

Les signataires de l’Entente mutuelle s’engagent donc formellement à travailler ensemble et de manière coordonnée à la sauvegarde de la langue et de la culture autochtones et à servir, au meilleur de leur capacité, les Atikamekw de Wemotaci qui transitent ou qui vivent en milieu urbain.

L’Entente mutuelle mise sur la complémentarité des compétences et des programmes développés par les trois organisations signataires.

Apprendre à se connaître, à travailler ensemble

« Il n’y avait aucun lien avec la communauté de Wemotaci. Il manquait quelque chose. On apprenait à se connaître. On s’est dit qu’on va s’engager à travailler ensemble via une Entente formelle et mutuelle », précise Laurianne Petiquay, directrice du Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT).

« On veut travailler en amont avec nos partenaires, en santé, services sociaux, en éducation, en employabilité, en justice et au maintien des langues et cultures. Cette entente vise à formaliser cette relation », explique-t-elle. « C’est comme un mariage, dit-elle en riant.  On s’engage à renforcer les relations qu’on a entre nous, à travailler sur un Plan d’action et à s’attaquer aux difficultés que vivent les membres de la communauté. C’est une très bonne nouvelle.»

Pour Alys Quoquochi, conseillère du Conseil des Atikamekw de Wemotaci (CAW), les membres de Wemotaci vivant en milieu urbain «ont plusieurs raisons de quitter la communauté. Pour les études, le travail, le manque de logements», mais ils demeurent toujours importants aux yeux du conseil.

« Nous sommes en plein essor de développement socio-économique et nous voulons que les membres de Wemotaci puissent en profiter, qu’ils soient sur réserve ou non, assure Alys Quoquochi.  C’est le début d’un beau voyage. Il n’y a jamais eu d’entente comme ça. C’est une reconnaissance qui est importante pour moi. Ça se fait de travailler ensemble, tout en respectant l’autonomie de chaque organisation », poursuit Mme Petiquay, du CAALT. Cette initiative mériterait d’être reproduite ailleurs au Québec, ajoute-t-elle.

Maud Flamand, directrice du Centre d’amitié autochtone Trois-Rivières (CAATR) partage la vision de Mme Petiquay. « Chacun reconnaît le travail de l’autre. On s’engage à travailler sur un Plan d’action commun pour répondre aux enjeux de transition des membres de la communauté. Il s’agit d’assurer un continuum de services et une meilleure collaboration  entre les différentes organisations», indique Maud Flamand.

Un Forum public autour des enjeux de transition de la communauté est d’ailleurs dans les cartons. « Nous sommes convaincus que cet engagement favorisera le maintien des liens entre les Atikamekw de Wemotaci vivant à Trois-Rivières et leur communauté. Il est essentiel que les membres de Wemotaci puissent avoir accès à des services culturellement adaptés et sécurisants lorsqu’ils résident ou séjournent en milieu urbain », note Mme Flamand.

« Cette entente mutuelle est empreinte de respect, d’entraide et de collaboration », estime Rachelle Chachai, présidente du CA du Centre d’amitié autochtone de La Tuque. Et Jean-Charles Ottawa, président du CA du Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières, réaffirme que « le CAATR est là pour subvenir aux besoins des autochtones vivant en milieu urbain pour bâtir des ponts entre les peuples à travers une offre de services culturellement pertinente. »

Soulignons que la présence des Atikamekw de Wemotaci en milieu urbain est constante progression. Wemotaci compte plus de 2 000 membres inscrits, dont plus de 1 500 résidents dans la communauté.

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