Un projet pilote pour réduire les déchets de construction à La Tuque

LA TUQUE.  À La Tuque, les déchets de construction parcourent des centaines de kilomètres avant d’être traités. Une réalité coûteuse, autant sur le plan financier qu’environnemental, qu’Environnement Mauricie souhaite maintenant changer avec son nouveau projet pilote “Chantiers Zéro Déchet”.

L’organisme a officiellement lancé l’initiative le 21 mai dernier en réunissant trois entreprises latuquoises du secteur de la construction et de la rénovation : Structure Duprestige, Villeneuve & Fils et Hamel Habitation Confort. Ensemble, elles testeront différentes méthodes de tri directement sur les chantiers afin de réduire la quantité de résidus envoyés à l’enfouissement.

” On a mis un “S” à Chantiers parce qu’on veut travailler sur plusieurs chantiers en même temps “, explique la directrice générale d’Environnement Mauricie, Lauréanne Daneau.

L’objectif est double : améliorer la performance environnementale des entreprises tout en évaluant les économies potentielles liées à une meilleure gestion des matières résiduelles.

” La gestion des déchets, c’est quand même très coûteux. On veut voir aussi s’il y a un gain financier pour les entreprises d’améliorer leurs pratiques sur les chantiers “, ajoute-t-elle.

“Chez Villeneuve et Fils, le projet Chantiers Zéro Déchet s’aligne parfaitement avec nos valeurs d’entreprise de s’orienter, au meilleur du possible, vers un virage plus vert. Nous sommes conscients que les matériaux de construction constituent un très fort volume des rebuts du centre de tri et comprenons la problématique. Nous souhaitons donc faire activement partie de la solution”, indique Guillaume Roy de Villeneuve et Fils.

Une réalité particulière à La Tuque

Même si Environnement Mauricie est basé à Trois-Rivières, l’organisme souhaitait développer un projet à l’extérieur des grands centres.

La Tuque représentait un terrain d’essai particulièrement intéressant en raison de son éloignement géographique. Actuellement, les déchets générés sur le territoire doivent parcourir de longues distances avant d’être traités.

Les ordures sont transportées jusqu’à Saint-Étienne-des-Grès, tandis que les résidus de construction, rénovation et démolition (CRD) doivent être acheminés vers des centres spécialisés à Trois-Rivières.

“À La Tuque, un des défis, c’est que les déchets font beaucoup de route. Ça coûte cher et ça génère aussi des émissions de gaz à effet de serre”, souligne Mme Daneau.

En triant davantage les matériaux directement sur les chantiers, plusieurs matières pourraient être récupérées, recyclées ou reconditionnées plutôt que simplement enfouies.

Une participation volontaire

Le recrutement des entreprises participantes s’est fait en collaboration avec la Ville de La Tuque et la SADC du Haut-Saint-Maurice.

“Ça a vraiment fonctionné sur une base volontaire. Les entrepreneurs avaient le goût d’embarquer dans la cohorte”, mentionne Mme Daneau.

Le projet prévoit notamment de la formation, l’implantation de méthodes de tri adaptées aux réalités locales, l’essai de certains équipements ainsi qu’un suivi des matières récupérées.

Un projet de 120 000 $

Le projet pilote représente un investissement total de 120 000$.

RECYC-QUÉBEC agit comme principal partenaire financier, tandis que la Ville de La Tuque constitue le second contributeur en importance. La SADC du Haut-Saint-Maurice et les entreprises participantes apportent également un soutien financier au projet.

Selon Environnement Mauricie, les apprentissages réalisés à La Tuque pourraient éventuellement être reproduits ailleurs en Mauricie.

“Avec la crise du logement et l’augmentation du nombre de chantiers, on sait que les besoins vont être là. Si ce qu’on teste ici fonctionne, on veut être capables de l’adapter à d’autres territoires et à d’autres types de chantiers”, affirme Mme Daneau.

Chaque année au Québec, les chantiers de construction, de rénovation et de démolition génèrent environ 3,3 millions de tonnes de résidus. Près de la moitié de ces matières seraient encore éliminées malgré leur potentiel de valorisation, selon les données de RECYC-QUÉBEC.