Un pavillon nature pour apprendre autrement à l’école Champagnat
LA TUQUE. Par une matinée chargée d’émotion et de fierté, la direction de l’école secondaire Champagnat a officiellement inauguré, vendredi, son tout nouveau Pavillon nature, un projet mûri pendant cinq ans par deux enseignants convaincus que l’école peut aussi se vivre dehors.
Réunis derrière l’établissement scolaire, élèves, partenaires, élus et membres de la communauté ont découvert une infrastructure pensée pour l’apprentissage en plein air, le mieux-être des jeunes et le rapprochement avec la nature.
Derrière cette réalisation de plus de 470 000$, on retrouve principalement les enseignants Mélissa Proteau et Alexis Gervais-Doyon, qui ont porté le projet du début à la fin.
“Il y a cinq ans, un projet un petit peu fou a commencé”, a résumé avec émotion la directrice de l’école, Julie Bronssard.
Elle a raconté avoir accepté d’embarquer dans l’aventure dès les premières discussions, même sans savoir exactement jusqu’où mènerait l’idée.
“Quand mes visionnaires en chef sont débarqués dans mon bureau, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais, mais je savais à qui j’avais affaire”, a-t-elle lancé, la voix parfois nouée par l’émotion.
La directrice a tenu à rendre hommage aux deux enseignants qui, malgré les obstacles financiers et administratifs, “n’ont jamais lâché”.
“Des fois, je me disais: voyons qu’on va se faire débouter. Mais eux ont continué. Aujourd’hui, ce pavillon est né et il profitera à plein de générations d’élèves”, a-t-elle affirmé.
Un lieu vivant au cœur de la nature
Pour Mélissa Proteau, le Pavillon nature est bien plus qu’une simple construction.
“C’est une vision d’une école humaine, innovante et ancrée dans son milieu”, a-t-elle expliqué.
L’objectif était d’offrir aux jeunes un environnement différent pour apprendre, respirer, bouger et décrocher du rythme parfois lourd du quotidien scolaire.
“Nos élèves vivent beaucoup de pression, de stimulation, parfois même de plus en plus d’anxiété. Nous avions envie de leur offrir un espace vivant, apaisant et inspirant”, a-t-elle souligné.
Le pavillon pourra accueillir des cours, des ateliers, des conférences, des spectacles musicaux et différentes activités communautaires grâce à son alimentation en eau et en électricité ainsi qu’à son mobilier modulable.
Le site comprend également une forêt nourricière, un verger et plusieurs plantations comestibles.
Alexis Gervais-Doyon a expliqué que des poiriers, pommiers, pruniers, camerises, bleuets et framboisiers ont été aménagés afin de sensibiliser les jeunes à l’environnement et à l’alimentation.
“On va pouvoir transformer ces produits et les exploiter avec les élèves”, a-t-il indiqué.
Le projet comprend aussi des végétaux boréaux comestibles, dont du sumac vinaigrier et du cornouiller, intégrés dans une approche éducative liée au territoire.
Une mobilisation régionale
Les promoteurs ont multiplié les démarches au fil des années afin de réunir les sommes nécessaires à la réalisation du projet.
Parmi les partenaires financiers figurent notamment Centre de services scolaire de l’Énergie, Conseil de la Nation atikamekw, Caisse Desjardins de La Tuque, la Société d’aide au développement des collectivités du Haut-Saint-Maurice et l’École forestière de La Tuque.
La députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, le maire suppléant de La Tuque, Claude Gaudreault, ainsi que le Grand Chef de la Nation atikamekw, Constant Awashish, étaient présents pour l’inauguration officielle.
Le projet a notamment bénéficié d’une contribution de 250 000 $ provenant du Fonds régions et ruralité ainsi que d’une aide de 50 000 $ du ministère de l’Éducation pour l’embellissement des cours d’école.
Un espace pour les élèves… et la communauté
Le Pavillon nature servira notamment au programme d’enseignement axé sur le plein air développé pour certains élèves de l’adaptation scolaire.
L’infrastructure permettra également la tenue d’activités communautaires et culturelles.
“Aujourd’hui, nous inaugurons une structure, mais surtout, nous ouvrons la porte à de nouvelles possibilités”, a conclu Alexis Gervais-Doyon.
À voir les sourires affichés vendredi matin, le rêve imaginé il y a cinq ans semble déjà bien enraciné dans le paysage de Champagnat.
