Un nouveau café infuse son identité à La Tuque

AFFAIRES. Un nouveau café de spécialité a ouvert ses portes le 13 juin dernier, à La Tuque. Porté par Marc-André Dubé et sa conjointe Laurie Parent, le Café Kapi veut offrir plus qu’un simple comptoir à espresso: les deux entrepreneurs souhaitent créer un lieu chaleureux, enraciné dans son territoire, où le café devient à la fois expérience, rencontre et découverte.

Le projet, qui percole depuis plusieurs années, a récemment obtenu une reconnaissance régionale en remportant la deuxième place dans la catégorie Services aux individus au Défi OSEntreprendre régional. Une distinction qui vient confirmer l’intérêt suscité par cette nouvelle adresse latuquoise, pensée à la fois pour les amateurs de café, les travailleurs de passage, les étudiants et les curieux.

«Ça fait assez longtemps qu’on travaille là-dessus», raconte Marc-André Dubé, qui porte le projet avec sa conjointe. L’idée avait d’abord été imaginée alors que le couple vivait à Québec. Après leur retour à La Tuque en 2021, le projet a été mis de côté quelque temps, avant de revenir avec force.  On s’est dit: c’est sûr qu’on veut le faire avant nos 30 ans. Fait qu’on s’est dit, let’s go, on y va de l’avant», lance-t-il.

Avec Kapi, les propriétaires souhaitent introduire à La Tuque l’univers du café de spécialité. Pour Marc-André Dubé, il s’agit d’une approche qui remet au centre la qualité de l’expérience, la traçabilité et le respect du produit. «On veut vraiment qu’il y ait beaucoup de transparence. On veut que les gens sachent ce qu’ils consomment de la ferme jusqu’à la tasse», explique-t-il.

Les grains seront d’abord préparés par un atelier de torréfaction de Trois-Rivières, avec l’ambition, à plus long terme, de développer une microtorréfaction à La Tuque. L’objectif n’est toutefois pas de brusquer les habitudes des consommateurs. Le café proposera d’abord des produits plus familiers, tout en invitant graduellement les clients à découvrir d’autres profils aromatiques.

Le nom Kapi porte aussi une part importante de l’identité du projet. Il s’inspire du mot atikamekw kapiapo, qui signifie café. Autochtone lui-même, et fort de plusieurs années de travail auprès des Premières Nations, Marc-André Dubé souhaite que son commerce reflète le territoire où il s’installe, sans tomber dans la commercialisation de la culture. «C’est vraiment important pour moi de ne pas en faire un profit», souligne-t-il.

Cette sensibilité se retrouvera notamment dans l’identité visuelle du café, conçue par Laurie Parent, graphiste professionnelle, ainsi que dans certains éléments décoratifs. Marc-André Dubé évoque entre autres l’idée d’un mur tressé rappelant le tressage des raquettes, de mots atikamekw intégrés au lieu et de clins d’œil au territoire.

L’univers visuel de Kapi est d’ailleurs signé par Laurie Parent, alias Laupa. Sur les murs, ses illustrations racontent subtilement le parcours du café, de la plante jusqu’à la tasse. On y devine la cueillette du fruit, le séchage au soleil, la torréfaction, la mouture et les différentes façons de le boire. Des mots atikamekw, des symboles et de petits détails cachés s’y glissent aussi, comme autant d’invitations à regarder plus longtemps. Pour elle, le café doit devenir «un point de rassemblement, une place qui active la créativité», un lieu où l’on vient rencontrer des amis, travailler, écrire ou imaginer des projets.

Installé dans un espace d’environ 700 pieds carrés sur la rue Scott, le Café Kapi compte une formule hybride, avec un comptoir pour emporter et quelques places assises pour ceux qui souhaitent prendre le temps. La terrasse permettra aussi de doubler la capacité pendant la belle saison.