Tarification sur les conteneurs : des entrepreneurs insatisfaits
LA TUQUE Lors de l’assemblée du 16 décembre, plusieurs citoyens et gens d’affaires de La Tuque ont dénoncé le nouveau règlement imposant aux propriétaires un permis de 1500 $ par année pour chaque conteneur entreposé sur leur terrain. Cependant, personne n’était présent à la séance de consultation publique pour signifier leur désaccord en septembre dernier.
PAR ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
« L’idée, c’était de donner un incitatif pour éviter d’avoir une prolifération de conteneurs sur le territoire », a expliqué le maire de La Tuque Pierre Pacarar lors de l’assemblée municipale. Selon lui, la tarification vise à encourager la construction de bâtiment permanent plutôt que l’entreposage dans des structures temporaires.
Cette justification n’a toutefois pas convaincu certains commerçants présents, dont Patrick Fournier, copropriétaire de M. Lemieux La Tuque. L’entrepreneur a fait part de la réaction de ses partenaires : « c’est la première fois qu’ils entendent qu’une ville veut taxer des conteneurs pour stocker des items qui ne nécessitent pas d’investissements d’envergure ».
Denys Duchesne, président de Pro-Mec Élite Inc., faisait partie des entrepreneurs mécontents présents le 16 décembre. « J’ai une autre entreprise à Trois-Rivières, où on paye moitié moins de taxe qu’à La Tuque pour quasiment la même grandeur au pied carré », soutient-il. « Si on est rendu avec des conteneurs aujourd’hui, c’Est parce qu’on paye des comptes de taxes qui sont faramineux ».
Face aux critiques, les élus ont rappelé qu’une assemblée publique de consultation s’était tenue le 24 septembre, mais qu’aucun citoyen ne s’était présenté. « La séance a eu lieu, c’est là qu’on aurait dû avoir ces discussions-là », a souligné le conseiller municipal Claude Gaudreault.
Inquiétudes sur le terrain
D’autres commerçants ont remis en question la logique d’un tel règlement, estimant qu’il pénalise surtout ceux qui entretiennent leurs installations de manière responsable au profit des « 2-3 % de fautifs ».
« Les gars qui font de la rénovation ne peuvent pas laisser une remorque dans le bois, ils reviennent le vendredi et les portes sont coupées », a expliqué Denys Duchesne, estimant que la baisse de la surveillance policière pourrait expliquer l’augmentation des vols.
Les commerçants ont d’autant plus de raison de s’inquiéter, puisque les assurances ne les couvrent plus après plus de deux vols.
« On va prendre du recul »
À la suite des échanges de l’assemblée, le conseil a indiqué qu’il allait « prendre du recul » et « en délibérer à nouveau ». La tarification demeure en vigueur pour l’instant, mais une réévalution n’est pas exclue.
