Structure Duprestige : bâtir autrement, avec vision et enracinement
ÉCONOMIE. À La Tuque, trois jeunes charpentiers rêvent grand. En moins de deux ans, Maxime Pouliot David Duchesneau et Xavier Duchesneau ont fondé Structure Duprestige, une entreprise de construction qui refuse les solutions faciles, mise sur le savoir-faire traditionnel et avance avec une vision ancrée dans l’avenir et le territoire.
“On fait les coquilles : la charpente, la structure de toit, la fenestration et l’étanchéité. Tout ce qui scelle l’enveloppe du bâtiment”, explique Maxime. Mais derrière cette apparente sobriété se cache une ambition claire. “On veut bâtir des maisons mieux pensées, plus écologiques et moins coûteuses à long terme.”
La vision des trois fondateurs ne passe pas inaperçue. Le printemps dernier, Structure Duprestige a remporté les honneurs à la finale régionale du Défi OSEntreprendre, dans la catégorie Exploitation, transformation et production. Une reconnaissance qui leur a permis d’accéder à la grande finale nationale du 11 juin à Québec.
“C’était stimulant de voir la relève entrepreneuriale à l’échelle du Québec, surtout dans le domaine de l’innovation. On ne pensait pas se rendre là en partant”, admet Xavier.
Un patrimoine vivant
Prochainement, l’équipe latuquoise souhaite acquérir un terrain dans le secteur de La Bostonnais, un ancien site forestier où trône toujours un moulin à scie centenaire. Un lieu chargé d’histoire, que les jeunes entrepreneurs veulent réhabiliter, non seulement pour produire, mais aussi pour transmettre.
“Ce moulin-là, c’est lui qui a bâti les deux ponts couverts de La Bostonnais. Il est encore fonctionnel, au bord de la rivière. On veut y faire de la formation, enseigner la charpenterie traditionnelle, le sciage, les méthodes ancestrales”, raconte Maxime. Le site comprend aussi des bâtiments anciens, et deux chalets à reconstruire qu’ils prévoient transformer en vitrine de leurs savoir-faire.
Penser au-delà de la maison
Ils tiennent au cœur de leur projet une réflexion sur la durabilité. “Il y a des matériaux de construction qui, une fois installés, contaminent le bois et le rendent non recyclable. On veut éviter ça. Choisir dès le départ des matières nobles et naturelles qui dureront et se déconstruiront mieux “, affirme Maxime.

Un exemple de structure construit par LINÉAIRE – Écoconstruction, un acteur du milieu auprès duquel les fondateurs de Structure Duprestige ont perfectionné leur savoir-faire. (Photo – courtoisie)
Le trio s’intéresse aux maisons à solaire passif, aux méthodes de ventilation naturelle et à la réduction de la mécanique du bâtiment. Une posture qui tranche avec les pratiques actuelles, mais qui pourrait devenir la norme à l’heure où les sites d’enfouissement débordent et où les exigences environnementales s’intensifient.
“Le code du bâtiment va changer et nous voulons être prêts avant tout le monde”, lance Xavier.
Une vision dans un marché difficile
Malgré leur détermination, les défis sont nombreux. Le financement, les coûts de main-d’œuvre, l’accès aux certifications, les carcans normatifs sont autant d’obstacles qu’ils abordent avec lucidité.
“La construction, c’est un milieu dur. Surtout quand t’essaies de faire différent”, reconnaît Maxime. Mais leur modèle d’affaires : produire davantage en atelier, livrer des kits de qualité à prix réduit et accompagner l’auto-construction vise justement à répondre à cette réalité. “On veut offrir des options accessibles, durables et locales.”
Une entreprise en devenir
Pour l’instant, Structure Duprestige compte quelques employés, multiplie les projets standards et prépare le terrain pour la suite. “On n’est pas encore installés comme on veut. Mais ça s’en vient. On avance une étape à la fois”, résume Maxime.
Avec un possible moulin patrimonial, leur approche écologique, leurs ambitions de formation et leur enracinement local, Xavier, David et Maxime incarnent une nouvelle génération d’entrepreneurs conscients des enjeux, engagés dans la transmission, et décidés à construire autrement.
