Santé : recrutement et retour à la base comme priorités à La Tuque

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Par Michel Scarpino
Santé : recrutement et retour à la base comme priorités à La Tuque
On voit les membres du comité de santé en compagnie de la conférencière de cette soirée. Dans l’ordre : Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, Dre Christiane Laberge, Louis Lacasse, Denise Hébert, Édith Bérubé, Julie Boulet, Marcel Saint-Pierre, Marjolaine Saint-Pierre, Julie Noël, Jacques Fraser, Luc Martel et Ginette Girard. (Photo : Michel Scarpino)

Le comité de santé de Ville de La Tuque a atteint son objectif des susciter des discussions et dégager les préoccupations citoyennes par rapport aux services de santé et services sociaux. C’était la première fois, depuis que l’établissement n’a plus son propre conseil d’administration, soit 2015, qu’on prenait le temps de parler santé à La Tuque.

Une présentation du centre de services de La Tuque du CIUSSS a été effectuée par Édith Bérubé, coordonnatrice des services administratifs et techniques du CIUSSS-MCQ de La Tuque, devant une salle pleine au Complexe culturel Félix-Leclerc.

On apprenait que le Haut-Saint-Maurice comptera 17 médecins de famille en mars prochain, comparativement à 16 aujourd’hui et à 15 en 2015.

95,4% des résidents de l’agglomération de La Tuque ont un médecin de famille et la liste d’attente est inférieure à trois mois. Ce chiffre exclut toutefois les résidents d’Opitciwan, qui ne reçoivent pas leurs services de santé à La Tuque. Le recrutement se poursuit : on vise que chaque personne ait un médecin de famille sur le territoire. «Ce sont quand même 11 480 personnes qui ont accès à un médecin de famille»,

Certaines spécialités représentent «des défis au niveau de la couverture médicale». On pense à la radiologie, où un poste n’est pas comblé. «Un candidat est actuellement en parrainage et si tout se déroule bien, il sera en poste en juin 2020», annonce Mme Bérubé. Entre-temps, des radiologistes du CIUSSS viennent une à deux journées aux deux semaines.

Un poste de psychiatre sur les deux que compte le CIUSSS de La Tuque reste à combler. Des psychiatres de l’extérieur viennent régulièrement La Tuque. Un poste en obstétrique et gynécologique est vacant depuis juin, mais le service est également couvert par des médecins dépanneurs. «Il n’y a aucune inquiétude à y avoir, pour le suivi des femmes enceintes et des accouchements, on peut toujours compter sur quatre de nos médecins de famille qui font de l’obstétrique et de nos deux chirurgiens pour les césariennes», rassure Mme Bérubé.

D’ailleurs, en dépit de ces défis dans trois spécialités, aucun bris de services n’est survenu dans les derniers mois et on n’en prévoit pas dans le futur.

Une ressource en psychologie sera ajoutée à la clinique de la douleur de l’établissement de La Tuque.

Parmi les bons coups réalisés à l’installation de La Tuque du CIUSSS-MCQ, Mme Bérubé a rappelé l’aménagement de l’unité satellite d’hémodialyse, qui représente un beau projet de partenariat et l’agrandissement de l’urgence, dont les travaux sont à la troisième des quatre phases prévues. L’urgence de La Tuque reçoit 13 500 visites par année.

On ne cache pas que la transformation vers le CIUSSS, en 2015, a généré des effets collatéraux, dont la centralisation de services administratifs, la perte d’agilité opérationnelle de proximité, des délais dans la résolution de problèmes, la perte de personnes significatives pour les milieux, un sentiment d’appartenance local effrité et la perception que tout est décidé à Trois-Rivières.

«On veut revenir à la base et mieux supporter les secteurs comme le Haut-Saint-Maurice. Il y a une volonté de s’améliorer constamment afin d’apporter les modifications nécessaires, améliorer la satisfaction de la population à l’égard des services de santé. Actuellement, quand on fait des sondages satisfaction, les résultats sont au-delà de 90 % […] C’est au niveau de l’accessibilité qu’il peut y avoir certains enjeux», signalait Gilles Hudon, président-directeur général adjoint du CIUSSS-MCQ, présent sur place.

Recrutement

Le recrutement de la main-d’œuvre est le mot d’ordre au CIUSSS-MCQ. «Ça prend des efforts continuels. On est proactif, on a dédié une personne à La Tuque quasi à temps complet sur le recrutement médical autant des généralistes que des spécialistes», poursuit Édith Bérubé.

«La pérennité des services dans le Haut-Saint-Maurice, ce n’est pas une question de budget, c’est une question de professionnels en place. Je constate que c’est au niveau du plan des effectifs médicaux qu’on a une lacune, surtout, au niveau des spécialistes», a fait remarquer un citoyen.

Des demandes

La période d’échanges a été fournie en recommandations. Dans la salle, tour à tour, les gens ont proposé davantage de support pour les jeunes, et en santé mentale.

Le Groupe de médecine familiale a aussi fait l’objet de recommandations, quant aux heures d’ouverture qu’on souhaite étendues, le délai pour la prise des rendez-vous et l’obligation d’obtenir son rendez-vous par téléphone uniquement.

Un citoyen a également souhaité obtenir des portraits comparatifs sur l’évolution de l’offre de services en spécialité à La Tuque.

Un citoyen s’est aussi demandé pourquoi il est impossible d’obtenir des remboursements pour les déplacements de moins de 200 km. Des gens qui reçoivent des soins à Shawinigan ou Trois-Rivières le font à leurs frais. «Pourquoi n’y a-t-il pas de dédommagement lorsqu’il y a répétition de ces voyages», s’est-il interrogé. «Il s’agit d’une règle qui relève du ministère de la Santé», a expliqué Julie Boulet, présidente du comité de santé. Par contre, propose-t-elle, cela peut faire partie des prochaines revendications à apporter.

«Il est difficile d’imaginer que les médecins, aujourd’hui, ne puissent faire un plâtre pour une fracture simple. Ça nous oblige à faire deux, trois, quatre voyages à Trois-Rivières», faisait-on remarquer également.

On souhaite également le retour à l’ancienne façon de prendre rendez-vous pour la vaccination pour la grippe, jugée plus efficace, de même qu’un meilleur lien entre le CIUSSS et le CHSLD. On estime également que les délais d’attente pour obtenir une place en CHSLD sont longs.

On souhaite également une meilleure représentativité latuquoise dans les instances décisionnelles du CIUSSS-MCQ. Il n’y a pas de représentant provenant du Haut-Saint-Maurice à son conseil d’administration. «On va essayer de redonner plus de pouvoir aux territoires éloignés, plus de représentativité. Le CIUSSS travaille là-dessus et j’imagine qu’ils auront des bonnes nouvelles à nous annoncer dans les prochains mois […] On est sur la bonne voie. C’est comme si on est allé trop loin sur un balancier et on est en train de le ramener », a fait remarquer Mme Boulet.

Les dirigeants du CIUSSS reviendront devant la population le 3 décembre afin d’apporter un suivi sur les observations formulées mardi soir.

Tous responsables de notre santé

En guise d’introduction à cette soirée, Dre Christiane Laberge a livré une intéressante conférence portant sur la santé. Elle a présenté mille et un trucs pour en prendre davantage soin, mais le principal objet de sa conférence : chacun est responsable de sa santé.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, a dressé sa liste d’enjeux en matière de santé au cours de cette soirée.

Suivez Michel Scarpino sur Twitter : @mikscarpino

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