Santé mentale : des héros qui tiennent leur regroupement à bout de bras

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Par Michel Scarpino
Santé mentale : des héros qui tiennent leur regroupement à bout de bras

Les acteurs du Regroupement des organismes de base en santé mentale (ROBSM) ont été fort sollicités au cours de la période de la pandémie de la COVID-19.

Isolement, anxiété sont des termes qui sont souvent revenus chez ces organismes lors d’une rencontre de presse avec L’Écho.

La résilience aussi, celle des organismes communautaires qui ont tenu le fort et qui, pour aucune raison, n’ont voulu abandonner leur clientèle, qui avait besoin de leurs services plus que jamais.

Par exemple, une réorganisation physique de la maison qui abrite le groupe d’entraide Facile d’accès aura permis aux cinq employés, dont deux à temps plein, de continuer à recevoir des gens, tout en respectant les consignes. L’écoute téléphonique a été mise de l’avant, le télétravail aussi. Les besoins sont criants, on ne veut laisser personne dans le néant. «D’habitude, j’ai 75 membres dans la maison, cette année, il y a 140 personnes qui ont demandé des services de Facile d’accès», fait savoir Martine Caron, directrice générale du Groupe d’entraide Facile d’accès.

«L’anxiété monte énormément à cause des complications que les vaccins amènent, de ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux, ce qu’ils entendent à la télé», rapporte Louise Garceau, directrice de Parents Partenaires. L’organisme a dû réorienter ses services pour les offrir de façon virtuelle, ce qui amène son lot de défis.

«Les besoins de la clientèle ont augmenté en intensité, je vous dirais, plus qu’en nombre. Avant, on allait beaucoup dans la prévention et l’intervention, maintenant, plus de la moitié de nos interventions sont de la gestion de crise. Pas seulement chez l’enfant, mais dans la famille au complet, parce que la situation amène une fragilité énorme», dit Mme Garceau. L’organisme est passé d’une journée de répit pour les parents par mois à une par semaine : «Les besoins de répit ont été multipliés par quatre durant la pandémie. Les parents sont épuisés, ne savent plus quoi faire avec l’enfant qui est en difficulté».

«On s’aperçoit qu’il y a de la détresse et de l’isolement, particulièrement chez les personnes plus âgées», reconnaît Micheline Fraser, directrice du Périscope, une association de familles et de proches des personnes ayant un trouble de santé mentale.

«J’ai beaucoup de misère à être isolée parce que je vis avec une problématique en santé mentale. Le ROBSM m’a rendu la vie plus facile. Je me suis connectée avec des gens comme moi et j’ai accepté la différence que je vis. S’afficher comme étant différente et prendre ma place dans la société, c’est important, j’ai appris ça avec la Locomotive et le ROBSM», témoigne Claudette, une usagère de l’organisme la Locomotive.

Les jeunes

Martine Caron a remarqué que la pandémie a créé un état d’anxiété chez les jeunes, en particulier. Elle pensait que les jeunes se retrouveraient moins isolés, en raison de leur présence sur les réseaux sociaux, mais elle remarque que ce sont les règles sanitaires qui les exaspèrent le plus.

Les variants créent de l’anxiété, mais les vaccins amènent de l’espoir. «Je leur dis que tant qu’on ne sera pas vacciné, tout le monde, la liberté n’arrivera pas, vite. On va être capable d’en faire plus et les règles vont peut-être être allégées», ajoute Mme Caron.

Pénurie de main-d’œuvre, même si les besoins augmentent, employés qui quittent pour le réseau de la santé qui offre des salaires et des conditions qu’ils ne peuvent pas concurrencer, financement insuffisant, voilà quelques-unes des problématiques qui alimentent le quotidien des organismes d’aide en santé mentale.

«De l’argent, on en a eu, ce que j’appelle le bas de Noël, on l’a reçu pendant la pandémie, mais c’était de l’argent ponctuel et on n’a pas d’argent pour assurer la restructuration de tout ça», relate Yves Blanchette, codirecteur du ROBSM.

À la fois, on demande aux organismes de briser l’isolement, alors que les mesures sanitaires ordonnent de le créer. Par contre, la pandémie a amené les organismes à user d’imagination afin de «se réinventer», de créer de nouveaux outils pour rejoindre leur clientèle, pour la retenir et pour remonter le moral des troupes.

D’ailleurs, devant l’essoufflement des employés du monde communautaire et pour leur donner une tape dans le dos, un spectacle d’humour leur est proposé sur le web, pour ce mercredi 6 mai. C’est à guichet fermé, exclusivement pour les membres du ROBDM.

Les humoristes François Bellefeuille et Simon Gouache offriront une prestation à cette occasion.

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