Québec dit non à GNL

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Par Michel Scarpino
Québec dit non à GNL
Le ministre Benoit Charette (Photo : Capture d'écran )

 

Le projet GNL Québec n’ira pas de l’avant. Ainsi en a décidé le gouvernement du Québec.

En conférence de presse mercredi après-midi, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoît Charette, a confirmé que son gouvernement n’autorisera pas le projet de transport et de complexe industriel de gaz naturel liquéfié de Saguenay.

«Ce qui est à la base de notre évaluation, la Loi sur la qualité de l’environnement expose différents critères et le gouvernement avait également posé ses propres conditions pour le rendre acceptable sur un point de vue environnemental», a rappelé le ministre Charrette en conférence de presse.

La décision du conseil des ministres rejoint les conclusions émises par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, au printemps dernier.

M. Charette a indiqué que le promoteur n’a pas fait la preuve que le projet contribuerait à favoriser la transition énergétique de même qu’une diminution des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

«Ça va plutôt défavoriser la transition énergétique après des investissements aussi importants. Les pays clients seraient sans doute à même de poursuivre avec cette énergie-là, plutôt que d’envisager d’autres énergies de transition», pense le ministre.

«Ultimement, toutes les démarches qui devaient se faire en amont, c’est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre ici même au Québec, ce sont des démarches pour lesquelles on n’est pas convaincu des résultats», a-t-il ajouté.

Il y voit plus de désavantages que d’avantages. M. Charette pense que d’autres projets porteurs d’avenir pourront naître dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le maire envoie un message à la CAQ

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, cache difficilement sa déception face à la décision gouvernementale rendue publique.

170 km des 780 km de la conduite de gaz devaient passer par la Haute-Mauricie. Le maire doit donc faire le deuil de retombées annuelles de 10M$, dont 8,5M$ directement dans les coffres Ville de La Tuque et le reste, divisé entre les milieux communautaires et scolaires.

«C’est décevant, je suis très déçu. C’étaient des emplois très importants, c’est signe de vitalité économique, de développement économique», laisse-t-il entendre d’entrée de jeu ajoutant que La Tuque avait démontré une belle acceptabilité sociale pour le projet.

«Ce projet va peut-être voir la vie ailleurs, il va peut-être avoir une deuxième vie, du gaz, on en a besoin»

-Pierre-David Tremblay

Il ne se gêne pas pour envoyer un message au gouvernement de la CAQ : «on souhaite qu’on nous compense par des projets. Ce qu’on a besoin en région, c’est des emplois, des gens, de garder nos jeunes […] Il faudra que nos élus, Mme Tardif et M. Boulet de la CAQ, travaillent à nous amener des projets, quelque chose de plus concret pour garder notre vitalité, notre développement économique et d’assurer notre avenir».

Il fait également remarquer que c’est la deuxième gifle que reçoit la Mauricie en quelques semaines après la perte pour Shawinigan du projet Nemaska.

«Ce qu’on va demander à ce gouvernement : donnez-nous les nouvelles technologies, les nouvelles énergies renouvelables. Tout ce qui peut être relié à la forêt, ça nous prend des projets», réclame M. Tremblay.

«Pourquoi pas des hydroliennes ? Pourquoi pas des éoliennes ? Pourquoi pas des panneaux solaires ? On a de la place, on veut des projets verts. On s’attend à des compensations par l’équipe de la CAQ dans les prochaines semaines, les prochains mois, en compensation de la perte économique de ce grand projet-là», ajoute le maire qui entend en faire un cheval de bataille.

Pierre-David Tremblay pense que La Tuque ne reçoit que peu de compensations pour les énergies exploitées sur son territoire.

 

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