Projet Mamik: des logements abordables dédiés aux Autochtones
LA TUQUE. L’important chantier de construction au coin des rues St-Antoine et Scott, là où se trouvait la Taverne Beaudet, attire la curiosité des Latuquois. C’est un immeuble de trois étages comprenant 10 logements abordables destinés à des travailleurs ou étudiants autochtones, et un espace commercial au rez-de-chaussée, d’un coût total de 5 M$ qui sera érigé.
C’est la Corporation de développement des Premiers Peuples (CDPP), en collaboration avec le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) qui mène la phase 1 du projet Mamik, qui signifie ville en atikamekw. L’objectif est de terminer les travaux afin que les premiers locataires puissent être logés à compter de l’été 2026.
C’est en 2021 que la CDPP a commencé à travailler sur le projet Mamik de La Tuque.
“Il y avait une volonté de répondre aux besoins du CNA pour ses membres qui viennent participer à des formations et à des programmes. La barrière est souvent l’accès à un logement, surtout pour les gens qui viennent des communautés. De là est né le projet Mamik, explique Claudie Paul, directrice générale de la CDPP. Il y a un besoin pour les étudiants, mais il y a un besoin pour les travailleurs aussi. Il y avait ces deux besoins-là qui s’entrecroisaient, et on s’est dit qu’on n’allait pas le faire uniquement à une vocation.”
Le processus de priorisation des locataires sera mené par le CNA.
“À titre de président, je me réjouis de voir naître le projet Mamik. Il y a un grand besoin de logements abordables à La Tuque pour autochtones”, exprime le président de la CDPP, Yann Gélinas.
Le bâtiment de trois étages aura 10 unités de logement, 7 appartements 3 ½, 2 logements 4 ½, et un studio.
Des espaces de bureaux seront divisés au rez-de-chaussée, et selon une exigence de la Ville de La Tuque, 50% de la superficie devra être dédié pour un commerce ou un organisme. Mme Paul souligne qu’un organisme dédié pour les Autochtones a déjà levé la main. “On ne peut pas nommer l’organisme pour le moment, mais c’est logique pour nous d’accueillir un organisme pour les Autochtones.”
Du montant total de 5 M$, 91% sont dédiés à l’aspect résidentiel et 9% pour le secteur commercial.
Plusieurs partenaires ont pu contribuer à rendre possible le projet. Deux différents octrois de la Société d’habitation du Québec (SHQ) via le programme Initiative pour la création rapide de logements (ICRL) à raison de 1,328 M$ et de 1,9 M$; une contribution de Desjardins de 75 000$; le programme Novoclimat du gouvernement provincial pour une somme de 23 500$; un montant de 75 000$ du CNA; la CDPP contribue à la hauteur de 134 000$; le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuits (SRPNI) du gouvernement du Québec avec un octroi de 200 000$; l’organisme Autochtone NICHI à raison de 749 000$; et un congé de taxes de Ville de La Tuque de 5 ans en plus de 75 000$.
“Comme le projet a été retardé, nous avons pu faire aussi des intérêts sur les montants de 1,3 et de 1,9 M$ reçus provenant de la SHQ”, précise la directrice générale.
La CDPP travaille maintenant sur une phase 2 du projet Mamik, et il est question d’un immeuble d’habitation pour les familles autochtones. “Ça prend de 3 à 4 ans pour mener à terme un projet d’habitation. On est conscient qu’il y a des besoins pour les familles.
On est à travailler avec la Ville afin de déterminer l’endroit. On vise un immeuble de 20 à 25 unités”, conclut Mme Paul.
La CDPP a inauguré un premier projet du genre à Roberval le 1er mai dernier avec un immeuble de 24 unités.
