Autochtones : Ville de La Tuque n’a pas adopté pas la résolution d’appui de la FQM

Michel Scarpino
mscarpino@icimedias.ca

Autochtones : Ville de La Tuque n’a pas adopté pas la résolution d’appui de la FQM
L'hôtel de ville de La Tuque (Photo : Courtoisie)

Alors que 250 municipalités québécoises allaient de l’avant avec l’adoption d’une résolution d’appui aux peuples autochtones de la Fédération québécoise des municipalités, Ville de La Tuque ne l’a pas adoptée.

Le sujet a été amené à quelques reprises au conseil municipal et il l’a été à la dernière assemblée du conseil d’agglomération par le candidat à la mairie, Yves Tousignant. « Il y a 250 municipalités au Québec, soit le quart des municipalités, qui ont passé une résolution pour appuyer la cause. Pourquoi le conseil d’agglomération de La Tuque n’a pas adopté cette résolution d’appui, sachant qu’il y a eu l’école des Indiens sur la rue Brown, de 1963 à 1978 ? » , a demandé Yves Tousignant.

« On va beaucoup plus loin que ça à La Tuque, rétorque le président du conseil d’agglomération, Pierre-David Tremblay. On n’est pas contre la résolution. Ce qu’on a fait, en signe de solidarité, on a mis nos drapeaux en berne, on a répondu à tous les médias. On est visé par cette situation, La Tuque est sur la carte en ce qui a trait aux pensionnats ».

Il a rappelé que le pensionnat de La Tuque avait surtout hébergé des Cris de la Baie-James.

« Le choix qu’on a fait, c’est d’attendre les événements, voir les enquêtes, ce qui se passe. On a ouvert notre solidarité, notre soutien, notre empathie […] On a choisi de poser des actions, pas juste (faire) de la politique avec ça », a-t-il ajouté, qualifiant l’adoption d’une résolution de geste purement politique.

« Le 21 juin à la journée nationale des Autochtones, j’ai fait un discours d’empathie, d’encouragement, très rassembleur. Je le dis, on est un modèle assez exceptionnel, Ville de La Tuque […] avec le vivre ensemble », dit-il.

Le conseiller de la communauté de Wemotaci, Guy Laloche, a fait parvenir à L’Écho une copie de la résolution que son conseil aurait aimé voir adopter par le conseil d’agglomération de La Tuque. Elle rappelle que ville de La Tuque est située sur le territoire ancestral non cédé des Atikamekw de Wemotaci et qu’elle entretien et souhaite continuer d’entretenir des relations d’amitié de paix et de bon voisinage avec les Atikamekw de Wemotaci.

« Ville de La Tuque souhaite prendre des mesures concrètes en faveur de la réconciliation avec les peuples autochtones et en particulier avec les Atikamekw de Wemotaci ; que le principe de la réconciliation guidera Ville de La Tuque dans ses relations avec les peuples autochtones », peut-on lire dans le projet de résolution.

« Il faut être réaliste, solidaire, empathique. On n’a pas à faire semblant, on le vit avec eux parce qu’on est en partenariat et qu’on vit ces différentes difficultés-là. Quand viendra le temps de poser des actions, La Tuque va y être », se promet le maire.

« L’un n’empêche pas l’autre, une déclaration de solidarité, c’est un geste officiel du conseil d’agglomération. Il y a un « momentum » présentement et Ville de La Tuque va le manquer », craint Yves Tousignant.

« On a posé des actions. La résolution viendra plus tard », répond Pierre-David Tremblay.

Malgré tout, le maire affirme être en solidarité avec la communauté autochtone. « On a beaucoup de partenariats. On a signé une déclaration en 2016 ,pour laquelle il y a des actions, pas juste des mots », évoque M. Tremblay, rappelant au passage le projet conjoint avec Wemotaci d’aménagement d’une centrale Manouane Sipi, près du lac Châteauvert.

Le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier, a révélé que son conseil avait adopté la résolution de la Fédération québécoise des municipalités.

Aucune demande

Par ailleurs, aucune demande formelle n’a encore été formulée pour que des fouilles soient faites dans l’emplacement de l’ancien Centre des Indiens. « Je ne m’attends pas à ce qu’on trouve des sépultures », pense Pierre-David Tremblay.

Les sépultures seraient davantage dans le cimetière de la rue Beckler et sous le pont de rivière au Lait, affirme-t-il.

« On sait qu’il y a eu des travaux là-bas, l’école a été démolie en 2006 et en 2010, il y a eu la chapelle », a rappelé le maire.

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