«On est à un point tournant du projet» -Patrice Mangin

BIORAFFINERIE. <@$p> Le président et le directeur général de Bio Énergie La Tuque (BELT), Patrice Bergeron et Patrice Mangin estiment que leur projet va bon train. @R: «On est à un point tournant du projet», lance sans détour Patrice Mangin. Il a rappelé qu’une douzaine d’études de faisabilité, de la phase 1, ont été complétées à 90 %. «On sait qu’un tel projet est viable (…) On sait qu’on peut construire une usine de ce genre-là, les technologies sont matures maintenant, et on peut faire des bénéfices». BELT propose de réutiliser 1,2 million de tonnes de résidus forestiers qui sont laissés sur place par les entreprises forestières. Au début juin, Patrice Mangin et Patrice Bergeron se sont rendus en Finlande, rencontrer les dirigeants de la NESTE, l’entreprise appelée à jouer un grand rôle en tant qu’investisseur dans le projet évalué à 1G$. L’entreprise analyse actuellement le fruit des études de BELT et devrait rendre sa décision d’ici décembre, au plus tard. Parmi les domaines importants pour les études, il y a l’approvisionnement», soutient M. Mangin qui a voulu s’assurer que la ressource soit suffisante pour le projet. Selon lui, les études ont déterminé qu’il y a suffisamment de biomasse forestière dans la région de La Tuque. On note aussi les impacts environnementaux et l’intégration avec les opérations forestières actuelles. L’enseignant à L’UQTR provient du milieu industriel. Il travaille le dossier le point de vue économique.  «Un des points sur les projets qu’on disait toujours, c’est que ce n’est pas rentable. Avec les crédits qui existent ailleurs, c’est rentable ailleurs. Ça peut être rentable chez nous aussi, si le gouvernement est au rendez-vous au niveau des crédits», expose M. Mangin. Il estime que la volonté politique doit être de la partie. Aussi, la prochaine campagne électorale sera pour lui l’occasion de faire valoir encore davantage son projet. À partir du 1er octobre, la Haute-Mauricie ne sera peut-être plus représentée par une ministre comme c’est le cas actuellement avec Julie Boulet. Un sujet qui deviendra un enjeu électoral, s’il n’en tient qu’à Patrice Mangin. « Je leur lance l’invitation (les candidats) et je suis prêt à les rencontrer dès qu’ils veulent», annonce-t-il fermement. Seul changement au tableau : l’usine de démonstration a été abandonnée, le coût entre 200M$ et 300M$ ayant été jugé excessif. La phase 2 du projet sera déterminante et débutera un peu plus tard. Elle consistera en des essais-pilotes et des études technico-économiques sur deux lignes de procédés. BELT pourrait créer 490 emplois directs dès sa mise en fonction, en 2023. Le site Vallières est toujours désigné comme étant l’endroit qui accueillerait l’usine. Déjà, on commence à analyser les impacts de cette création potentielle d’emplois sur des éléments tels l’offre d’habitation à La Tuque. Les deux mains sur le volant On sait que le siège social de BELT est situé à Wemotaci. Représentant du grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Dany Chilton, voit là un «match parfait» : la population est à la recherche d’emplois et le reste de la région vit une pénurie de main-d’œuvre. Selon ce dernier, le projet pourrait contribuer au rattrapage socio-économique des Atikamekw. «Les 490 emplois, on va tous les prendre», a blagué Adam Jourdain, directeur de la corporation de développement économiques Nikanik de Wemotaci. Celui-ci a salué l’approche de BELT, qui permet selon lui, aux autochtones d’avoir «les deux mains sur le volant», dans le projet de bioraffinerie forestière. «Le but est d’avoir le sentiment d’appartenance au projet, une part, et de mettre sur place les conditions gagnantes dans un contexte de rattrapage socio-économique», observe M. Chilton. Puisque tout ça doit passer par le développement des compétences, le projet de centre de développement professionnel chez les Atikamekw et sur la table. On devra manoeuvrer de façon stratégique pour éviter que les formations soient données trop tôt et que les travailleurs soient dans l’attente par la suite. «Les besoins de main-d’œuvre sont assez importants dans la région. D’abord une table de concertation est essentielle pour la nation. On ne peut pas former 50 plombiers, si nous avons des besoins pour deux seulement», termine Dany Chilton La demande Patrice Mangin faisait remarquer dans sa présentation que la demande en diesel renouvelable va augmenter d’ici 2021. Aussi, les cibles de réduction de gaz à effet de serre vont favoriser l’utilisation de résidus. «La demande estimée en biodiesel va passer de 27 millions de tonnes en 2017 à 33 millions de tonnes en 2021», faisait-il remarquer au cours de son exposé.