Offre de places en service de garde: des données faussées pour La Tuque

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Par Michel Scarpino
Offre de places en service de garde: des données faussées pour La Tuque
Danielle Arseneault, directrice du CPE la Clé des champs et Christiane Morin, directrice du CPE Premier pas (Photo : Michel Scarpino)

L’offre de places disponibles à La Tuque pour les enfants de zéro à cinq ans en service de garde est actuellement faussée en raison des paramètres du ministère de la Famille. Cela empêche des projets d’être réalisés et cela diminue les chances de trouver des solutions au manque de personnel et de place pour les enfants.

C’est ce qu’ont fait ressortir Danielle Arseneault, directrice du CPE la Clé des champs et Christiane Morin, directrice du CPE Premier pas à l’occasion de la dernière assemblée du conseil d’agglomération de La Tuque.

Le ministère calcule la région de la Haute-Mauricie comme ayant un surplus de places, ce qui n’est pas le cas selon ces dernières.

«Quand il y a des appels de projet du ministère, on n’est pas éligibles pour déposer une demande», se désole Mme Morin.

Le CPE la Clé des champs a 100 enfants inscrits sur le portail «La place 0-5», qui constitue le guichet unique d’inscription en service de garde reconnu au Québec. Ce ne sont toutefois pas tous des besoins immédiats.

«À La Tuque, l’offre totale de places est de 407, si on additionne les installations et le milieu familial et la demande totale est de 334 places, et ce qui signifie qu’on est en surplus de 121%. S’ils ne réorganisent pas les calculs, on ne pourra jamais demander des places pour le Haut-Saint-Maurice», signale Christian Morin.

Aux dires de Danielle Arseneault, les chiffres placent la Haute-Mauricie en surplus de place, alors que c’est le contraire dans tout le reste de la région.

Pour Mme Morin, il est difficile d’évaluer avec exactitude le nombre de places qui manquent. «Mais il manque au moins une cinquantaine de places pour répondre aux besoins des entreprises locales, du CIUSSS-MCQ, des usines, des gens qui veulent venir s’établir à La Tuque», explique-t-elle à l’Écho.

Pour les deux femmes, difficile de penser à développer des entreprises si on n’est pas en mesure de leur offrir d’abord un service de garde pour les enfants.

On voulait d’abord interpeller le conseil d’agglomération de La Tuque et profiter de cette tribune pour faire connaître les réels besoins et de la région. Mmes Arseneault et Morin se sont d’ailleurs dites satisfaites de l’écoute reçue. Au CPE Premier pas, on serait en mesure de développer 20 places supplémentaires sans grands frais, dans les locaux actuels de l’établissement de la rue Brown et cinq autres places dans une plus petite installation. «Mais il n’y a pas d’appel de projets», se désole Mme Morin.

«Nos deux CPE sont à 100% d’occupation, mais en milieu familial, sur les 249 places, j’en ai 62% d’attribués. Il y a encore de la place, mais on manque de ressources, on manque de milieux familiaux. En 2018, on avait 33 milieux familiaux, maintenant, on en a 23. […] À long terme, il pourrait s’agir de développement de place en CPE», note Danielle Arseneault.

Il faudra réévaluer les nombres de places», croient les deux gestionnaires qui remettent en question l’efficacité de la gestion du système de guichet unique d’inscription des enfants.

Il faudra aussi développer des services pour les enfants ayant des besoins particuliers ainsi que pour les parents qui ont besoin de plages atypiques. «Ce n’est pas tout le monde qui travaille de neuf à cinq».

Il y a quelques années, le CPE Premier Pas avait développé un service de garde atypique, fréquenté par une dizaine d’enfants par semaine. Le service n’était toutefois pas rentable, en raison de la législation qui restreignait le nombre d’heures qu’un enfant pouvait passer au service de garde.

Également, la question de la pénurie de personnel les inquiète. Elles ont toutefois souligné l’effort du SDÉF dans un appel à tous pour intéresser d’éventuelles éducatrices en service de garde via une formation de deux semaines.

«Quand on parle de pénurie de personnel, ce n’est pas seulement en installation, mais aussi dans les milieux familiaux. Actuellement, dans l’ensemble du Québec, c’est une hécatombe», lance Mme Arseneault. La COVID-19, la moyenne d’âge des éducatrices qui sont prêtes pour la retraite ainsi que les exigences du ministère sont trois facteurs qui alimentent cette pénurie de personnel.

«La proposition est peu valorisée. Ce n’est pas un incitatif pour s’inscrire dans les cohortes d’étudiants», enchaîne Christiane Morin. Une campagne publicitaire pour inciter des gens à ouvrir un service de garde en milieu familial sera aussi mise en branle.

Les CPE la Clé des champs et Premier pas gèrent chacun 80 places en installations en plus de 249 en milieu familial pour le CPE la Clé des champs.

«On répond actuellement un appel de projets pour développer 37 places à Trois-Rivières dans un milieu de vie communautaire pour les autochtones qui vont fréquenter l’université et les CÉGEP», a annoncé, à titre d’exemple, Christiane Morin.

Le maire Pierre-David Tremblay n’a pas écarté l’idée que le SDÉF puisse soutenir les personnes intéressées à démarrer un service de garde en milieu familial.

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