Nouvelle vie pour la chapelle du Vieux-Corbeau
Longtemps lieu de culte, puis salle de spectacle, l’ancienne chapelle de La Bostonnais entame une nouvelle transformation. François Bisaillon et son associé Mathieu Buissières en ont fait l’acquisition avec l’intention d’y créer un complexe touristique polyvalent, axé sur l’hébergement, la restauration et les loisirs familiaux.
Le projet prévoit l’aménagement d’une vingtaine de chambres, un restaurant de type “fast food” de 32 places avec terrasse, un bar laitier, une petite salle de gym, une salle d’amusement intergénérationnelle, ainsi que 10 chalets extérieurs. Le tout devrait se concrétiser d’ici deux ans, avec une première phase – chambres, restaurant et loisirs intérieurs – lancée dès l’automne prochain. Le duo espère également aménager un relais pour motoneiges et véhicules tout-terrain à compter de 2026.
Évalué à 1,2 million de dollars, le projet s’inscrit dans une volonté de dynamiser l’offre touristique locale tout en créant de l’emploi. “On veut que ce soit un lieu accueillant, chaleureux, où on peut dormir, manger, s’amuser et relaxer”, résume M. Bisaillon, établi au Lac Brochet depuis trois ans.
Une vision née d’un coup de cœur
C’est un voisin du secteur qui a soufflé le mot à François Bisaillon : une vieille église à vendre, elle avait été transformée en salle de spectacle. Intrigué, il s’y rend. Dès qu’il franchit le seuil, l’inspiration le frappe.
“Je suis entré là… j’ai eu une vision”, raconte-t-il. Il imagine déjà des chambres à l’étage, des plafonds transformés, des aires communes vivantes. Enthousiasmé, il présente le projet à son ami Mathieu, un entrepreneur aguerri à la tête de six entreprises. Ce dernier y voit immédiatement un fort potentiel et embarque dans l’aventure.
Un lieu chargé d’histoire, tourné vers l’avenir
Construite en 1952 et autrefois connue sous le nom de chapelle Saint-Jean de Bosco, l’église désacralisée dans les années 2000 a déjà connu plusieurs vies. Sous la gouverne de Pierre et Ken Ménard, elle a été transformée en salle de spectacles, accueillant des artistes de renom tels que Kevin Parent, John Phillips, Harry Manx, Michel Pagliaro, et même le groupe métal Slipknot. Le bâtiment avait été réaménagé au fil des ans.
Aujourd’hui, la vocation change, mais le souci de mise en valeur demeure. L’étage accueillera un espace ludique pour tous les âges et une salle d’entrainement.
“On pense à tout le monde : des aînés qui veulent relaxer, aux familles avec jeunes enfants, jusqu’aux amateurs de plein air qui cherchent un point de chute confortable”, précise M. Bisaillon, fermier de carrière.
Une passation teintée d’émotion
Si les clés ont changé de mains, un lien humain subsiste. L’ancien propriétaire, Pierre Ménard, qui a transformé les lieux avec son fils musicien, perçoit dans cette passation une forme de continuité.
“C’était une belle aventure, tu sais. Mais ça n’a pas été comme j’aurais voulu.”
La scène, il l’a montée, démontée, rehaussée, ajustée à de multiples reprises, suivant les besoins des artistes et du public. Puis, en mars 2020, ses plans s’effondrent: la pandémie force la fermeture du lieu, et deux longues années d’inactivité s’ensuivent.
Avec le temps, l’usure, les coûts et les incertitudes finissent par peser lourd. Pierre Ménard se résout à tourner la page. La vente, bien que logique, n’en reste pas moins un arrachement. Derrière ces murs, c’est une part entière de sa vie qu’il laisse derrière lui.
Malgré tout, une complicité sincère s’est tissée entre l’ancien et le nouveau propriétaire. D’ailleurs, Pierre ne compte pas disparaître pour autant, il promet quelques apparitions dans la nouvelle vie du de la chapelle. Une façon de rester lié à ce lieu qu’il a tant investi.
