Mamo écarté de la table de discussion

Alors que le gouvernement du Québec et le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) ont relancé le dialogue pour désamorcer la crise forestière en Haute-Mauricie, un acteur central du conflit, le collectif Mamo a été laissé de côté.

Composé de gardiens du territoire et de chefs héréditaires, Mamo revendique la reconnaissance des droits ancestraux et la souveraineté sur le Nehirowisiw Aski, territoire non cédé. C’est ce groupe qui, à la demande de familles atikamekws, a érigé plusieurs barrages forestiers cet été, en Haute-Mauricie comme sur des terres innues au Lac-Saint-Jean.

Ignorés par -Québec et le -CNA

Le 20 août, les ministres Ian Lafrenière et Maïté Blanchette -Vézina ont rencontré à La Tuque le grand chef Constant Awashish, les élus atikamekws et des représentants de l’industrie forestière. Mais aucun représentant de Mamo n’a été convié par le Conseil de la Nation Atikamekw à cette rencontre.

« On a été ignorés », déplore Dave Petiquay, porte-parole du collectif. « Ils ont invité les chefs élus, pas les chefs héréditaires. Pourtant, ce sont nos actions qui ont forcé la reprise des discussions. »

Quelques jours plus tôt, le 18 août, la députée caquiste de Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, avait bien rencontré Mamo. Mais pour Petiquay, cette démarche n’a pas eu de suite. « On a laissé la chance, mais on a vu le résultat. Ça n’a rien donné. »

Rupture avec le CNA

Les relations entre Mamo et le Conseil de la Nation Atikamekw sont rompues depuis un moment. « Il n’y a plus de dialogue », affirme Dave Petiquay. « On avait tendu la main, mais maintenant on n’a plus de raison de dialoguer avec eux », prétend-t-il.

De son côté, Constant Awashish reconnaît que la méfiance grandit. « Les gens ne croient plus au gouvernement, ne croient plus à la diplomatie, ne croient plus que les gouvernements s’assoient vraiment sérieusement avec les Premières Nations. C’est ce qui se produit présentement », déplore le grand chef de la Nation Atikamekw.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Selon Petiquay, la confrontation filmée le 14 août entre un travailleur forestier et un militant atikamekw a renforcé la mobilisation. « Les gens de la communauté sont venus nous appuyer. Certains travailleurs forestiers nous ont aussi offert leur soutien », raconte-t-il.

Mamo insiste : les blocus ne visent pas à nuire aux travailleurs, mais à protéger le territoire. « On comprend que les travailleurs doivent payer leurs maisons. Mais nous aussi, on a notre gagne-pain : notre territoire, les animaux, la forêt. Si tout disparaît, qu’-est-ce qui va rester pour nous autres ? »